Des propos d’Ignatieff sur la souveraineté font réagir *

Par Radio-Canada.ca  - Le 24 avril 2012

Des propos qu’a tenus l’ancien chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, laissant entendre qu’une rupture est inévitable tant entre l’Écosse et le Royaume-Uni qu’entre le Québec et le reste du Canada, ont fait réagir, lundi.

En entrevue à la BBC, M. Ignatieff a estimé que la relation entre le Québec et le Canada avait beaucoup changé au cours des dernières décennies, surtout depuis le dernier référendum sur la souveraineté du Québec, en 1995. L’ex-chef libéral a poursuivi en disant que le Québec et le reste du Canada n’avaient plus rien à se dire.

Il a décrit la relation entre le Québec et le reste du Canada comme un « contrat d’indifférence mutuelle, ce qui est frappant pour quelqu’un de [sa] génération ».

M. Ignatieff a rappelé le rôle central joué par le Québec pour définir l’identité canadienne. « Je ne peux penser à ce pays sans le Québec. Je parle français. Et lorsque je pense à ce que ça veut dire d’être canadien, parler français en fait partie », a déclaré M. Ignatieff.

« Mais ce n’est pas la façon dont la majorité des Anglo-Canadiens envisagent leur pays. Cela a pu être le cas il y a 30 ou 40 ans, quand nous pensions pouvoir vivre ensemble dans cet étrange pays hybride nommé le Canada », a ajouté l’ex-chef libéral.

« Maintenant, effectivement, nous sommes presque deux pays séparés. » — Michael Ignatieff

« Le Québec agit comme s’il était souverain. Le référendum nous a fait du tort », a expliqué M. Ignatieff.

M. Ignatieff a ensuite dit qu’Ottawa avait cédé plusieurs pouvoirs au Québec pour satisfaire son désir d’autonomie. Il a toutefois donné des exemples comme l’éducation et la santé, depuis longtemps inscrits dans la Constitution canadienne, ainsi que l’immigration, un pouvoir obtenu en 1978.

Lorsque le journaliste de la BBC lui a demandé si ces transferts de pouvoir conduisaient nécessairement à l’indépendance, M. Ignatieff a répondu : « Vous commencez par croire que rien ne va changer. Puis, petit à petit, vous découvrez que tout change. L’exemple canadien semble montrer que vous pouvez céder des pouvoirs [...] et mener vos propres affaires, en étant proche d’être un pays indépendant. C’est une sorte de situation transitoire, vous vous arrêtez là un moment, mais je crois que la logique à long terme est l’indépendance, l’indépendance complète. »

Le journaliste a demandé à M. Ignatieff si ce raisonnement s’appliquait autant au Québec qu’à l’Écosse. « Je crois que finalement, c’est vers cela que ça s’en va », a répondu l’ex-chef libéral.

Michael Ignatieff a ajouté qu’une victoire des séparatistes au référendum de 2014 sur l’indépendance de l’Écosse relancerait la quête des souverainistes québécois pour réaliser leur rêve.

Des réactions

Dans un communiqué publié en soirée, le bureau du premier ministre du Canada, Stephen Harper, affirme qu’il croit « en une nation québécoise forte, fière et autonome au sein d’un Canada uni, faisant écho à un discours au congrès conservateur en 2011 et à une motion adoptée en 2006 à la Chambre des communes.

« Nous pratiquons un fédéralisme d’ouverture respectueux des champs de compétence des provinces depuis notre entrée en fonction en 2006 », affirme l’attaché de presse du bureau du Premier ministre, Carl Vallée.

De passage à RDI, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a reconnu que la question nationale n’était pas réglée au Québec. Il a toutefois ajouté qu’il ne sentait pas d’appétit pour en discuter « sur le terrain » et que Michael Ignatieff parlait comme un professeur d’université qui n’est « pas branché sur le terrain ».

Dans son programme, la CAQ propose de mettre de côté la question nationale pendant 10 ans, le temps de régler des problèmes plus pressants au Québec.

* Source

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/04/23/002-ignatieff-quebec-ecosse-souverainete.shtml

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