Harper et la démocratie *

Par Danielle Beaulieu ** -16 juin 2012

Le Parti conservateur de Stephen Harper a souvent projeté et défendu une conception déficiente de la démocratie. En font foi l’abrogation, à deux reprises, du Parlement pour se soustraire à des votes de censure, la présentation répétée de mégaprojets de loi omnibus jumelés aux propositions et mesures budgétaires, les commentaires récents du premier ministre sur les élections en Grèce, et la liste ne finit pas de s’allonger.

Il en a fait la preuve encore, ces jours-ci, en affirmant que son gouvernement n’a pas à financer les organismes ou associations qui critiquent ou remettent en cause ses politiques et orientations. Pourtant, l’argent que son gouvernement a pour mandat de gérer n’est pas la propriété du Parti conservateur, encore moins celle de Harper, et n’a donc pas à servir exclusivement les enjeux déterminés par ce parti, tout majoritaire soit-il. En clair, cet argent est le nôtre, celui de tous les Canadiens, conservateurs ou pas. Il est donc normal et parfaitement légitime et démocratique qu’une part de ces sommes revienne à des opposants, contribuables et payeurs de taxe comme tout autre citoyen, surtout lorsque seulement 38 % du suffrage populaire a suffi à déterminer la majorité gouvernementale.

Si l’on suivait le raisonnement bancal de Harper, on pourrait en venir à ne plus payer les députés de l’opposition, puisqu’ils critiquent les politiques du gouvernement conservateur. Il vaudrait mieux toutefois ne pas leur souffler une telle idée, aussi absurde soit-elle, vu que le parti au pouvoir a déjà manifesté de nettes tendances à considérer le Parlement comme une nuisance.

Sources

* http://www.ledevoir.com/politique/canada/352613/harper-et-la-democratie

* http://www.ledevoir.com/

** Danielle Beaulieu, professeure à la retraite

Leave a Comment

Filed under Uncategorized

Comments are closed.