Avant de mourir, j’aimerais… *

Par Nicole Bélisle – 7 juillet 2012

Au début, il la trouvait belle, pétillante et exotique. Elle le trouvait beau, grand et sécurisant.

Docile et confiante, elle le laissait prendre les décisions importantes. Elle a appris sa langue et, depuis, la parle aisément lorsqu’elle l’accompagne dans ses repas d’affaires. C’est, néanmoins, sans lui et dans sa langue maternelle qu’elle réfléchit et s’amuse avec nous, sa famille et ses amis de toujours. 



Aujourd’hui, même s’il le nie farouchement, il refuse de comprendre cet attachement à ses racines et à sa culture. Il la trouve ennuyante et agaçante avec ses différences et ses revendications. Nous, qui l’aimons profondément, l’avons suppliée de quitter ce monstre d’égocentrisme. En vain, hélas ! Il est parvenu à la convaincre que, sans lui, elle n’était rien. Nous ne pouvons qu’attendre le jour où, après lui avoir tout pris, c’est lui qui la quittera pour une belle Américaine. Quand le moment viendra, nous serons là pour l’aider à se rebâtir, car nous croyons qu’elle en vaut la peine, qu’elle a tout pour réussir « à sa manière ». Elle s’appelle La Belle Province et lui, Mon Beau Pays. Avant de mourir, j’aimerais la voir libre et épanouie !

Sources

* http://www.ledevoir.com/politique/quebec/354043/avant-de-mourir-j-aimerais

* http://www.ledevoir.com/

** Nicole Bélisle habite Gatineau (Québec)

 

 

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