La mondialisation est une dérive idéologique *

ENTRETIEN : ME FABRICE BONNARD, PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE SAVOIE

Par Chérif ABDEDAÏM ** – 23 octobre 2012

Assisterait-on à une nouvelle ère européenne caractérisée par la résurgence de multiples mouvements indépendantistes ?

Au Royaume Uni, les Ecossais réclament leur indépendance. A cet effet, David CAMERON et son homologue écossais Alex SALMOND viennent de signer un accord pour l’organisation, dés 2014, d’un référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

En Espagne, les ardeurs indépendantistes semblent exacerbées par la crise de l’euro. Dans ce sens, près d’un million et demi de manifestants ont défilé le 11 septembre dernier à Barcelone pour réclamer l’indépendance de la Catalogne ! Accusant le gouvernement central d’injustement entraîner cette région du Nord-est de l’Espagne dans la spirale de la crise.

Ibidem outre-atlantique, au Québec, ancienne colonie française, avec pratiquement les mêmes revendications qui ont même inspiré le Texas…

En France, le 12 septembre dernier la proclamation officielle de l’indépendance de la Savoie a été faite par M. Jean-François CATTELIN, Président du Parti Pour La Savoie (P.L.S) devant le Tribunal de Grande Instance d’Albertville-SAVOIE, en audience plénière publique où le peuple savoisien était venu nombreux entendre cette parole de délivrance.

Le 17 septembre 2012, Maître Fabrice BONNARD Avocat des savoyards a été convoqué par devant le Tribunal putatif de Grande Instance d’Albertville pour usurpation du titre d’Avocat !?!.

Une bien curieuse affaire dans un contexte effrayant pour la France puisqu’elle devra en démontrer le bien fondé avant janvier prochain, au risque sinon de perdre définitivement rien moins que ses deux départements les plus riches.

Il faut néanmoins s’y attendre ; nous nous attellerons à en démontrer les raisons dans le cadre de cet entretien exclusif avec Me Fabrice BONNARD, Avocat de la SAVOIE qui se trouve être le Président du Conseil National du Nouvel Etat de SAVOIE ce qui explique sans doute la situation :

La Nouvelle République/ Pouvez-vous nous dresser une brève rétrospective historique de ce que fut la Savoie avant son annexion par la France au moyen du fameux Traité de Turin du 24 mars 1860 dont vous estimez qu’il n’a plus aucune validité ?

Fabrice Bonnard : La Savoie a été un Etat européen à part entière durant plusieurs siècles jusqu’à ce qu’elle soit annexée en 1860, à la même époque donc que les confins sahariens de l’Algérie… Pour les même raisons colonialistes et politiques d’ailleurs : la constitution d’un immense, d’un français, du plus vaste empire colonial terrestre du 20ème siècle.

Je tiens d’entrée à vous faire remarquer que nos deux pays furent d’ailleurs transformés et administrés dans les deux cas sous la forme juridique de départements français. Elle était censée garantir que leur absorption serait ainsi, à jamais, rendue définitive et irrévocable ! On connaît la suite : l’Algérie est souveraine et indépendante.

La légitimité de la France repose dans le cas précis de la Savoie et de Nice, vous avez raison de le rappeler, sur un Traité d’annexion territoriale, instrument juridique d’une « initiative » militaire aujourd’hui strictement interdits par l’ONU qui fut créée en 1945 pour mettre fin à toutes les situation de ce genre.

Heureusement pour les droits de l’Homme et le Droit des peuples souverains à disposer de leurs destinées et de leur avenir.

Je déplore toujours à ce sujet, que la tentation soit grande pour certains États de vouloir conserver au XXIème siècle des avantages issus de conquêtes et de massacres sur des populations autochtones, voire d’en mener de nouvelles « en habillant » simplement dorénavant leurs opérations en interventions « humanitaires », puisque c’est désormais le seul motif légitime d’ingérence permettant de mener des opérations de bombardements sur des zones occupées par des civils…

La NR / Ce traité de Turin, de 1860, a été abrogé par le traité de Paris de 1947, ce qui implique que la France est juridiquement et administrativement putative en Savoie selon vous. Pouvez-vous nous expliquer le mécanisme ?

F.B/ C’est très simple : il suffit de lire et de respecter l’art.44 du Traité multilatéral signé à PARIS le 10 février 1947 par toutes les grandes puissances (21) victorieuses de la Deuxième Guerre Mondiale ayant créé l’ONU et je ne peux pas croire que la France puisse violer sa signature encore longtemps en conservant un Pays souverain de notoriété publique et reconnu comme tel durant près d’un millénaire (l’Etat de Savoie est né au Xème siècle NDLR).

La France n’a pas notifié le Traité de TURIN en violation des dispositions strictes de l’art. 44§1 ; elle n’a ensuite pas pu enregistrer cette notification malgré l’art. 44§2 qui lui rappelait l’obligation générale d’enregistrement de tous les traités figurant à l’art. 102 de la Charte de l’ONU.

L’abrogation dont bénéficie la Savoie et qui restitue leurs droits aux savoisiens découle donc « plein texte » de l’art. 44§3 du Traité de PARIS du 10 février 1947.

En ma qualité d’Avocat spécialiste de la décolonisation et surtout d’ancien Avocat de la Direction générale des Douanes françaises, je me réjouis d’avoir découvert que c’est le Droit français et un Traité international signé dans la capitale de la France qui a rendu sa liberté et ouvert à la renaissance et à un avenir radieux environ un million et demi de personnes…

La NR / Avez-vous entrepris des démarches juridiques auprès des instances internationales ? Si oui, lesquelles ?

F.B/ Bien sûr, je me suis personnellement mis sous la protection du Haut Commissariat des Droits de l’Homme à Genève dés 2006 où j’ai rencontré deux hauts représentants de l’ONU car je venais d’accepter de m’engager dans la juste et noble cause de défendre un Pays et son Peuple quelqu’en soit le danger.

Dieu est miséricordieux d’avoir, par le plus grand et amusant des hasards, confié cette tâche à celui qui fut le plus jeune des collaborateurs de feu Me Mourad OUSSEDIK. Je crois que le nom illustre de cet Avocat est à jamais gravé dans la mémoire de l’Algérie et de tous les algériens ayant courageusement, au péril de sa vie et de sa carrière professionnelle, osé lutter pour votre liberté.

Je pense à lui bien souvent. Il nous manque à tous. C’était un grand patriote. Un très grand avocat.

La NR / Le 12 septembre dernier vous avez proclamé l’indépendance de la Savoie, d’une part, quelle a été la réaction des autorités françaises, et d’autre part, y-aurait-il déjà des Etats membres de l’ONU qui auraient reconnu la Savoie souveraine ?

F.B/ Ce n’est pas moi qui l’ai fait. Je n’estimais pas avoir la légitimité personnelle de la faire contrairement à Monsieur Jean François CATTELIN, dirigeant emblématique et intègre de la lutte indépendantiste savoisienne depuis deux décennies. Il est, pour être précis, le président du Mouvement « Pour la Savoie » (PLS) identifié officiellement par la France et à juste titre aujourd’hui comme le « Parti de Libération de la Savoie ».

La France sait depuis juin 2010 que la partie est perdue ; depuis que le gouvernement français a admis n’avoir pas enregistré le Traité d’annexion de la Savoie afin de retarder sa décolonisation obligatoire en vertu de l’article premier de la Charte de l’ONU.

C’est extraordinaire. Un cas unique au monde. Pour la première fois en effet un pays a pu se libérer par le Droit pur instauré par son état oppresseur lui-même. Sans un seul coup de feu. Sans un seul mort à déplorer pour l’instant.

J’en suis très fier pour la Savoie et la France qui commence, je vous le fais remarquer, à reconnaître du bout des lèvres les méfaits qui furent parfois commis durant ou pour prolonger son époque coloniale. La Ville et la population de SETIF, l’Algérie toute entière peut je l’espère bénéficier bientôt de ce mouvement de bon sens…

La NR / Vous avez déjà fait l’objet de trois condamnations par les tribunaux français ; pour quels motifs ?

F.B/ (Rires). Non je n’ai pas encore été condamné. J’ai simplement à plusieurs reprises connu les geôles françaises. Mais c’était dans le cadre « gendarmesque » de gardes-à-vue pathétiques, limitées dans le temps et destinées à m’impressionner ou à m’empêcher d’agir ponctuellement. A chaque fois j’en suis sorti libre et ravi.

Ce fut certes désagréable et humiliant mais j’ai à chaque fois pris cela avec philosophie et honneur. Mon Maître et parrain dans la profession Me M. OUSSEDIK a connu le même traitement lorsqu’il défendait le FLN.

Les uniformes étaient les mêmes et les raisons strictement comparables au plan juridique. Je suis menacé mais je ne suis pas encore mort. Je reste seulement poursuivi pour usurpation du titre d’Avocat.

C’est ridicule et je suis serein dans la capacité de la France à réaliser qu’elle se ridiculise à vouloir encore cacher un problème juridique insurmontable pour elle qui est de notoriété publique grandissante. (Rires) et ce n’est pas cet interview qui inversera le phénomène…. L’Algérie et la Savoie sont des nations sœurs dans l’histoire coloniale française.

La NR / Dans le cas où la France ne reconnaîtrait pas le droit des savoisiens de disposer de leur propre Etat, quelles seraient d’après-vous les démarches envisageables sur le plan national et international ?

F.B/ En ma qualité d’ancien Avocat de la France et d’ancien officier Saint-Cyrien patriote et tricolore, je ne peux pas imaginer cette triste autant qu’indigne hypothèse pour la République française.

La Nouvelle Calédonie colonisée en 1853 soit 7 ans avant la Savoie n’est-elle pas en cours de libération sous le contrôle de l’ONU et ce, depuis les accords de Nouméa. Il aura hélas fallu des massacres et des dérapages malheureux ayant fait des veuves et des orphelins.

La France doit toujours rester dans mon esprit fidèle aux valeurs proclamées par elle en 1789 et que je vous rappelle figure dans le préambule c’est-à-dire à la première place de sa Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen :

« Considérant que l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits fondamentaux sont les seules causes des grands malheurs publics et de la corruption des gouvernements… les hommes (et les peuples) naissent de demeurent libres et égaux… »

La Savoie sera donc bientôt aux yeux de tous, elle est déjà aux yeux de beaucoup, disposée à devenir un Etat partenaire et sincère de la France. Cela prendra simplement la forme d’accords internationaux bilatéraux rapide de coopération et d’entraide mutuelle et équilibrée que j’appelle de tous mes vœux.

C’est la seule solution juridique honorable pour la France et le Président François HOLLANDE. Elle permettra d’éviter et de prévenir avec efficacité tout dérapage sanglant : Un gendarme français a sorti un jour son arme de service pour menacer de s’en servir « avec plaisir » contre le peuple savoisien. Il a immédiatement été sévèrement sanctionné par sa hiérarchie et il n’est plus gendarme aujourd’hui.

Côté savoisien, certains esprits sont de plus en plus chauds et la jeunesse en particulier est de plus en plus motivée et elle SAIT ; elle serait éventuellement prête à en découdre frontalement. Je ne le souhaite pas et c’est pourquoi, je fais tout pour que la Vérité, la raison, le pragmatisme et le Droit seuls l’emportent et triomphent bientôt.

Ce sont d’ailleurs ces valeurs qui ont conduit la Principauté de Monaco à être le premier état membre de l’ONU (depuis 1993 NDLR) à reconnaître officiellement le 24 juillet 2012 l’indépendance du nouvel État de Savoie, son Conseil National, et son président, votre serviteur.

La NR / Actuellement, on assiste à ces ardeurs indépendantistes, en Ecosse, en Catalogne, au Québec, et bien sûr en Savoie. Peut-on parler d’un réveil inspiré des soulèvements arabes ?

F.B/ À la différence de ces trois cas, la Savoie entre de plein droit dans le cadre de l’article 77b de la Charte de l’ONU. La tutelle de l’ONU ne peut plus lui être refusée compte tenu du droit international en vigueur et surtout de l’abrogation juridique pure et simple du Traité d’annexion de la Savoie en 1860.

Il y a un rapport entre tous ces phénomènes, mais il est lointain et subtile, vraiment très intéressant. Si la mondialisation est une réalité factuelle et incontournable, cela n’est pas le cas du mondialisme qui en est une dérive idéologique qui est devenue insupportable à des peuples fiers et décidés à ne pas laisser les intérêts et instances dirigeantes de la finance et de la politique mondiale les conduire à la misère en continuant de les asservir en les nivelant par le bas.

À ne pas oublier que leurs ancêtres ont versé leur sang pour imposer le Droit des Peuples dont les Droits de l’Homme sont les plus purs joyaux. Conscients de cet héritage magnifique et grâce à internet les individus, les peuples comprennent désormais très vite et efficacement ce qui les menace.

Vous voyez, on en revient à l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits fondamentaux qui sont toujours catastrophiques…

Dans le cas du Nouvel État de Savoie, 152 ans de lois publiques globalement liberticides au quatre coins du monde, ont disparues par l’enchantement d’un coup de gomme juridique aussi efficace que paisible. La Gomme en a été le Traité de PARIS du 10 février 1947 et précisément son article 44.

La NR /Si demain, ces États qui réclament leur autonomie devenaient indépendants, comment envisagez-vous la nouvelle configuration européenne ?

F.B/ Si l’Europe parvient à triompher des dérives et menaces qui pèsent sur elles ; si elle réagit et évite de se construire de manière chaotique, empiriques et antidémocratique, niant les peuples, leurs véritables histoires et leurs aspirations légitimes, je sens bien les choses.

L’Europe est un grand projet et une force pour les peuples qui la composent. Mais il y a la barrière des langues qui peut devenir paradoxalement une force exceptionnelle si l’Europe respecte chacun des peuples qui la composent en respectant chacune de leurs souverainetés au lieu de les forcer à y renoncer pour les laisser s’évanouir dans un monstre administratif oublieux des droits des Peuples et de leurs aspirations.

Je crois donc en un Nouvel État de Savoie reconnu par une France lui restituant « spontanément » ses droits et son honneur sans se vautrer dans le mensonge et en s’accrochant piteusement à la Savoie ou à des nostalgies d’un autre temps, avec un dossier juridique qui aujourd’hui l’accable.

Je rêve d’une Savoie nouvelle, neutre, renaissante de façon exemplaire et brillante ; respectueuse, dans ce processus historique et juridiquement inéluctable de séparation, des quatre valeurs auxquelles le plus vieil état d’Europe et son peuple autochtone aspirent.

Ces quatre valeurs universelles sont : La Pureté, la Vérité, la Fierté et la Liberté.

Sources

* http://www.vigile.net/Le-mondialisme-est-une-derive

* http://www.vigile.net/

* http://lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2012-10-24/lnr.pdf

** http://www.vigile.net/_Abdedaim-Cherif_

 

 

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