Mes non-souhaits au premier ministre Harper *

Par Gérard St-Denis ** – 3 janvier 2013

Monsieur Harper,

Je ne peux vous offrir mes souhaits. J’aurai 75 ans bientôt et c’est la première fois que je ne peux offrir à mon premier ministre mes souhaits de la saison.

Pour commencer, vous n’êtes pas le premier ministre des Québécois. Tout au long de l’année 2012, vous avez posé geste par-dessus geste à l’encontre de nos valeurs et de nos aspirations et vous prenez un malin plaisir à faire souffrir les gens. C’est étonnant, de la part d’un premier ministre, mais c’est cela.

Vous êtes imperturbable, imbu de rancoeur envers le Québec parce que la très grande majorité des Québécois n’a pas voté pour les conservateurs.

Vous ne possédez aucune compassion. Pour des fins purement électoralistes, vous avez forcé votre ministre des Finances, pour bien préparer les prochaines élections, à atteindre le déficit zéro en 2015 au lieu de 2016. Ceci a pour effet de punir des dizaines de milliers de Canadiens, et toute proportion gardée plus de Québécois, par des coupes insensées qui vont faire du tort particulièrement aux travailleurs saisonniers, ces travailleurs les plus vulnérables. Pourquoi s’attaquer à eux ? Ils sont très nombreux au Québec.

Les parcs, les bureaux de poste…

Comment justifier les compressions à l’Institut Maurice-Lamontagne, le seul centre de recherche francophone au pays spécialisé dans les sciences de la mer ? Son défaut, être au Québec et francophone ?

Jamais un gouvernement dans le passé n’avait fermé un des parcs nationaux. Vous venez de le faire avec le parc Forillon.

Comment se fait-il que grâce à une recherche, parue dans Le Devoir, on découvre que, toute proportion gardée, il y a plus de bureaux de poste qu’on ferme au Québec qu’ailleurs, et surtout dans les comtés qui n’ont pas élu un député conservateur ? Le hasard fait bien les choses !

Que penser de votre refus d’avoir des juges bilingues à la Cour suprême ? Il y a donc dans votre esprit deux justices, l’une pour les anglophones et l’autre pour les francophones.

Sans oublier les milliards de dollars que vous voulez engloutir à des fins militaires, en donnant des contrats sans appel d’offres, et surtout en refusant de donner les informations requises aux membres du Parlement, que, entre nous, vous méprisez royalement.

En 2012, vous avez dépensé environ 20 millions de dollars pour triturer les évènements historiques de 1812. Tous les professeurs d’histoire sérieux ont fait des gorges chaudes de votre publicité. Mieux vaut avoir un ministre créationniste, qui croit à Adam et Ève et la pomme, qu’un ministre qui manipule l’histoire à des fins partisanes.

Tout est royal

On ne saurait passer sous silence vos sorties à l’emporte-pièce sur la monarchie. Tout est devenu royal. Cela ne nous impressionne pas.

Votre arrogance envers les peuples autochtones témoigne du peu de respect que vous avez envers ceux-ci, un véritable camouflet. Plus de 200 communautés autochtones sur 643 qui sont sous juridiction fédérale n’ont pas d’eau courante. Cela vous laisse indifférent. Où est votre humanité ?

Vous avez encore, en 2012, fait fi du véritable parlementarisme, fondement même de notre démocratie. Vos deux projets mammouth en témoignent. Plus de 1800 amendements suggérés par l’opposition. Aucun n’a été retenu. Ça parle tout seul, une telle attitude. Il n’y a qu’une vérité, c’est celle des conservateurs.

En 2012, les scientifiques aussi font les frais de votre politique de noirceur. Quand ils ne sont pas muselés, ils sont ignorés ou remerciés. Que de décisions prises contre l’avis des chercheurs, c’est triste à mourir.

Enfin, mentionnons que les archivistes et bibliothécaires fédéraux n’ont pas les moyens de documenter adéquatement notre époque, mais on a dépensé des millions pour le Jubilé de la reine.

Sur le plan international, le Canada a encore mordu la poussière. Dans le dossier Palestine, il a fait mouche. Son appui aveugle à l’État d’Israël place le Canada dans une position vulnérable. Jamais le Canada n’a eu si peu d’influence sur le plan international. En quelques années, les conservateurs ont détruit 50 ans de politique dynamique, conciliante et basée sur la paix et non sur la guerre.

Je vous rappelle que deux Canadiens sur trois n’ont pas voté pour votre parti. Vous étiez censé être le premier ministre de tous les Canadiens. Ce n’est pas le cas.

Comme vous le dites si bien, on coupe. Or, en effet, monsieur le premier ministre, je coupe mes souhaits à votre égard et je les garde pour ceux et celles qui ont eu à souffrir de vos décisions trop souvent idéologiques et non fondées qui ont fait encore reculer le Canada. Une triste année 2012. Vous en êtes responsable.

Sources

* http://www.ledevoir.com/politique/canada/367485/mes-non-souhaits-au-premier-ministre-harper

* http://www.ledevoir.com/

** Gérard St-Denis habite Drummondville (Québec)

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