Le déclin de l’impérialisme contemporain (3 parties) *

LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN (1ère partie) *

Par ROBERT BIBEAU ** – Le 20 février 2013

Nous entreprenons aujourd’hui la publication de trois articles présentant les principes de base de l’économie politique, ses caractéristiques contemporaines, et son processus de déclin qui s’accélère depuis l’approfondissement de la crise systémique en 2008. À la fin de cette série vous aurez, nous l’espérons, accru votre compréhension de l’économie et de la politique moderne.

Les États-Unis d’Amérique sont-ils un pays impérialiste ? Oui, évidemment ! C’est que notamment, les Yankees entretiennent 770 bases militaires chez-eux et dans les pays étrangers. De plus, ils ont agressé et occupé de nombreux pays depuis 1890 (plus de cent invasions). La France et la Chine sont-elles impérialistes ?!…  Le Canada est-il un pays impérialiste ? Le Canada n’a pas de bases militaires à l’étranger mais le Canada soutien des multinationales sanguinaires qui exploitent des ouvriers dans les mines de l’Afrique mortifiée ! La Grèce est-elle un pays impérialiste ? Évidemment non voyons ! La petite Grèce (10 millions d’habitants), sans base militaire à l’étranger est tellement dépenaillée. La population hellénique mendie aux portes des soupes populaires et fréquente les friperies dégarnies.

Et bien si, ces cinq pays sont des pays impérialistes. C’est-à-dire que ces cinq États, comme tant d’autres dans le monde, sont des pays où sévit le système capitaliste de production et d’échange de marchandises et l’économie de ces cinq pays est parfaitement intégrée à l’économie « mondialisée-globalisée-néo-libéralisée », pour utiliser des termes à la mode.

L’impérialisme c’est le système capitaliste développé à son ultime limite – au moment où ce système global s’essouffle et tangue sur ses bases – n’assurant plus le développement des forces productives et se trainant d’une crise à une autre, inexorablement. L’économie impérialiste se développe de façon inégale – imbriquée – et par bonds saccadés. L’impérialisme provoque une division internationale du travail ou les États-Unis,  la Chine, la France, le Canada et la Grèce ont chacun leur secteur de développement prioritaire et leur rôle à jouer.

La question cruciale pour savoir si un pays quelconque est partie prenante du camp impérialiste en tant que grand spoliateur, en tant que petit profiteur, ou en tant que néo-colonie – il n’existe que trois catégories parfaitement imbriquées –  consiste à se demander si le capital (je n’ai pas écrit l’argent, mais bien le CAPITAL) d’un pays est ou non amalgamé au capital mondial via les banques nationales (nationale dans le sens où chacune de ces banques obtient sa charte d’un gouvernement national). Autre question, les entreprises industrielles monopolistes et le marché national sont-ils enchevêtrés au système d’économie politique mondiale hégémonique ?

Ensuite se pose la question du rôle spécifique de cette économie nationale (grecque par exemple) dans l’ensemble international qui se développe de façon inégale – imbriquée – et par bonds successifs nous le répétons. Le CAPITAL ce n’est pas de la monnaie – de l’argent – le capital est un rapport social de production. Le capital c’est de l’argent investit-transformé en moyens de production pouvant générer de la plus-value et du profit. Le capital impérialiste est ce rapport social de production qui permet aux capitalistes du monde entier – quelle que soit sa «nationalité» de confisquer le travail non payé des ouvriers grecs, américains, chinois, canadiens, français et autres, dépendamment du pays où ces capitalistes ont investi leurs capitaux.

Prenons l’exemple du capital des milliardaires grecs qui brassent des affaires « mondiales-globalisées-néolibérales » dans trois secteurs économiques particuliers, soit la construction navale, le transport maritime et le tourisme de masse. C’est par ces trois canaux économiques prédominants qu’ils s’amalgament au capital impérialiste international. Évidemment, le gouvernement grec en tant que partie constituante, instrument et état-major de la classe capitaliste monopoliste grec-internationalisée, participe aussi aux complots militaires des grandes puissances impérialistes, telles que les États-Unis et la France, via sa participation enthousiaste à l’OTAN.

Dernièrement la petite Grèce au bord du gouffre financier achetait de l’armement à la France et à l’Allemagne avec de l’argent emprunté aux banques grecs qui elle-même l’avaient emprunté aux banques allemandes et dont la facture a été refilé aux gouvernements grecs qui la fera payé par les travailleurs grecs sous régime d’austérité (les ouvriers contribuent pour 80% des revenus de l’État grec) [http://www.presseurop.eu/fr/content/article/1383681-pas-d-austerite-pour-l-armee].  Puis, ce gouvernement à la solde expédiait trois officiers du renseignement sur le front de la révolte des « terroristes et des nationalistes Touaregs » au fond du Mali africain – « Ah le bon temps des colonies ! Ses képis et ces négresses que le soldat blanc ou noir violaient à l’avenant ; et cet arabe ou ce Touareg que le soldat du BIMA carbonisait   vivant avec ses enfants au fond de sa tanière – au fond de son repère de brigand. Ça fleure bon la civilisation par ici s’écrie le soldat du BIMA français ! Vive l’empereur Hollande Premier, redresseur de torts de la Françafrique ! » –. Le gouvernement de la Grèce a livré par ses trois officiers sa rançon de soumission à son suzerain parisien. Chaque pays impérialiste participe à la hauteur de ses moyens. Le gouvernement du Canada, ce vaurien, fournit un avion de transport des troupes néocoloniales vers le Mali lointain.

Revenons à l’impérialisme stade suprême du capitalisme. Depuis l’accentuation de la crise structurelle en 2008, les trois secteurs prioritaires de l’économie grecque ont été les premiers à s’effondrer – et à se restructurer (absorbé par des concurrents plus puissants ou éliminés par des concurrents plus gourmands). Ainsi, les impérialistes coréens et chinois détruisent ou absorbent l’industrie navale grecque comme celle de tous les pays œuvrant dans ce secteur industriel où ils prédominent. La division internationale du travail – impérialiste – fait son œuvre imperceptiblement. L’impérialisme mafieux russe a pris une option sur l’hôtellerie touristique hellénique, tout comme la Belgique, et ainsi de suite.

Les milliardaires grecs sont toujours aussi milliardaires qu’avant mais leur capital s’imbrique peu à peu au capital impérialiste coréen, chinois, russe, belge, indien (BRICS) et toujours allemand évidemment. Les banquiers français, quant à eux, courent toujours après le remboursement de leurs prêts asservissants. Ceux-là jouent le rôle des « tondeurs de coupons parasitaires » comme on les appelait auparavant, avant la numérisation informatique et télématique des transactions bancaires et boursières.

Enfin, la classe capitaliste monopoliste grecque a aussi planquée une partie de ses deniers en Suisse transformant ses euros mal acquis en Francs helvétiques garantis… plus rentable. Sous peu vous apprendrez que les grecques riches – çà existe (!) – ont transformé leur pécule monétaire en étalon or comme la plupart des milliardaires de vos pays saccagés. Au diable le dollar et l’Euro, tout juste bon pour les peuples soumis aux politiques d’austéritées visant à renflouer les monnaies avant la grande dévaluation…

La raison d’être du système capitaliste

La finalité de la production sociale des biens et des services nécessaires à l’existence humaine – de la production des marchandises  – n’est pas de satisfaire les besoins de la population, ou de fabriquer des consommateurs aliénés – solvables et non solvables – accrédités ou endettés par les soins des banquiers. Le «dessein» de cette infrastructure économique de production matérielle, industrielle, technologique et scientifique et de cette superstructure sociologique, juridique, militaire, idéologique et politique complexe n’est même pas de rémunérer le capital selon les «risques» encourus, non plus que de rétribuer le travail à sa « juste valeur ».

Mais alors, quelle est donc la raison d’être de ce système d’économie politique, quelle est la force mystérieuse qui pousse en avant la charrette du capitalisme obsolescent ? Cette force qui pousse en avant le système capitaliste est toujours la même depuis l’époque où Marx observait les Chevaliers d’industries capitaliser l’Angleterre et exploiter ses colonies. L’objectif du système d’économie-politique capitaliste est de se reproduire pour assurer sa pérennité.

La finalité de tout système d’économie politique, que ce soit l’esclavagisme romain, le féodalisme tsariste ou le capitalisme britannique, a toujours été de se perpétuer, de se reproduire à plus large échelle – cumulative – hégémonique, tentant de détruire toute trace d’un système d’économie politique passé ou en devenir. Ainsi, le capitalisme requiert le développement social des forces productives collectives mais les capitalistes s’opposent farouchement à l’émergence d’une société collectiviste préférant la propriété privée pléthorique et catastrophique.

De nos jours, la succession des crises économiques, industrielles, financières, boursières et monétaires n’est que le symptôme de l’incapacité du système d’économie politique d’assurer sa reproduction étendue, conséquence de ses contradictions internes qui l’entrainent a contrario de sa finalité ultime et entravent le mouvement de son développement croissant. Nous allons en faire la démonstration.
Du capitalisme à l’impérialisme

Au début du capitalisme industriel – pendant sa phase concurrentielle – la propriété privée des moyens de production et de commercialisation a induit l’accumulation primitive du capital qui a permis d’acheter la force de travail des ouvriers et des ouvrières à vil prix, d’en spolier le «surtravail», d’en accaparer la «plus-value» – unique source de bénéfices, de profits commerciaux, de rentes foncières et de bénéfices spéculatifs – d’assurer l’investissement du capital et le développement de la production industrielle marchande qui propulsait chaque nouveau cycle de circulation du capital (Capital argent –» Capital production –» Capital marchand –» Capital argent) et sa reproduction étendue.
Le stade ultime – impérialiste – de ce développement capitaliste se particularise par le mélange de huit (8) caractéristiques que voici :

1) La concentration des moyens de production et de commercialisation des biens et des services et du capital productif parvenue à un degré si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique générale de la société.

2) L’interpénétration du capital bancaire (capital argent – épargne – rentes et bénéfices commerciaux) et du capital industriel (moyens de production, actions et obligations) et création, sur la base de ce capital financier gigantesque, d’une oligarchie financière hégémonique (1).

Ce « capital financier », en partie parasitaire, permet la titrisation inflationniste de tous les types d’actifs financier et cela en dehors des circuits industriels productifs sans qu’aucune valeur d’usage ni aucune valeur marchande équivalente ne soit produite ou commercialisée (2). Ce «capital financier», devenu en partie fausse monnaie inflationniste illégitime, concurrence puis phagocyte le capital «industriel productif» en offrant des rendements spéculatifs alléchants qui drainent l’épargne, les rentes et les bénéfices vers les placements boursiers illicites (3), sans compter le transfert d’une quantité importante de ces capitaux vers des paradis fiscaux hors la loi où ils fusionnent avec l’argent sale – mafieux (4).

S’ensuit une succession de crises financières, boursières, monétaires entraînant la disparition d’avoirs fictifs superfétatoires, provoquant crises de surproduction, dépression économique, chômage endémique et marasme de l’économie impérialiste (5).

3) L’exportation de capitaux en concomitance avec l’expansion des exportations et des importations de marchandises et ceci prend une importance toute particulière sous l’impérialisme. Le développement impérialiste accentue l’exportation massive du «capital financier» qui asservit l’économie (les moyens de productions et les forces productives) des pays dépendants (néo-colonies). Qui plus est, très souvent ces «investissements» ne correspondent nullement au développement de nouveaux moyens de production ou à l’utilisation de nouvelles forces productives dans les pays dominés, parfois même il n’y a aucun transfert de biens ou de services de ou vers ces pays néo-colonisés «bénéficiaires» de ces investissements asservissants.

Qu’y a-t-il d’étonnant à constater que depuis 1960 deux mille milliards de dollars, au titre de «l’aide au développement» ont été internationalement dilapidés et se sont soldés par davantage de pauvreté dans les pays néo-colonisés (6) ? Ces soi-disant investissements se réduisent souvent à une opération comptable (aux livres) où le pays débiteur se retrouve surendetté pour ne pas avoir remboursé un emprunt précédent. S’ensuit un déséquilibre important de la balance des paiements nationaux de ces pays néo-colonisés et dépendants et la mise en péril de leur monnaie nationale.  À titre d’exemple une quinzaine de pays de la France-Afrique sont toujours soumis à la structure monétaire, bancaire et financière du Franc CFA dont la gestion et les réserves monétaires sont déposées à la Banque de France à Paris et dont la parité est artificiellement maintenue avec l’Euro une monnaie déjà assujettie aux aléas économiques de 17 États européens sur le déclin. Les pays africains dépendants n’ont tout simplement aucun contrôle sur leur monnaie soi-disant nationale.

Les moyens de production et les «produits de base» que ces pays débiteurs fournissent sont de faible valeur marchande sur les marchés extérieurs alors que les produits ouvrés que lui vendent les pays créanciers sont hors de prix pour ces pays asservis. L’endettement de ces États souverains vis-à-vis du capital international se poursuit jusqu’à la déliquescence de l’appareil gouvernemental néocolonial où l’armée, forgée de flibustiers et de criminels militarisés que l’on a affublé du monopole de la violence gouvernementale-légale (dont les officiers ont été formé dans la métropole) demeure souvent la seule structure fonctionnelle sous contrôle de la métropole néo-colonisatrice.

L’effondrement de ces gouvernements aliénés, surendettés et spoliés, entraîne parfois leurs créanciers dans la faillite ; ainsi va la vie sous l’impérialisme. Sous des couverts intégristes-extrémistes en trompe-l’œil, la décrépitude de plusieurs gouvernements d’Afrique et d’Extrême-Orient est le résultat de cette structure de domination économique, financière et militaire internationale et de la misère qu’elle engendre partout en Afrique et en Orient.

4) Le développement inégal et par bonds des monopoles, des oligopoles, des multinationales et des États capitalistes, ainsi que des régions sous domination des oligarchies financières internationales, amène la formation d’alliances internationales monopolistiques de groupes capitalistes se partageant le monde, ainsi que la création d’organisations internationales de gouvernance et de régulation économique, financière, politique, juridique et militaire à l’échelle continentale (Union européenne, Alliance de Shanghai, L’ALBA, L’ALENA, Communauté Euro-asiatique, etc.) et à l’échelle mondiale (OTAN, OCDE, OCM, Banque Mondiale, FMI, CPI, ONU) (7).

La doxa économique moderne identifiant des pays dits «non-alignés» ainsi que d’autres catégories de pays capitalistes selon quelques singularités statistiques économiques conjoncturelles n’est que conjecture spécieuse. Le développement capitaliste s’est toujours réalisé par bonds et de façon inégale d’un pays à un autre et d’une région à une autre à l’intérieur même de chaque pays souverain. Pendant que de nouvelles puissances impérialistes apparaissent, d’autres amorcent leur déclin sous les coups de boutoirs des premiers et l’exploitation impérialiste mondiale se poursuit jusqu’au jour où la classe ouvrière y mettra fin.

5) Le triomphe de l’impérialisme contemporain marque la fin du partage territorial du globe en zones d’exploitation, de spoliation, de contrôle et en sphères de dépendance entre les  grandes puissances impérialistes et leurs alliés. Le partage des terres à exploiter, des pays à spolier, des peuples à surexploiter ayant été complété, il ne peut en résulter qu’une succession de guerres larvées pour le repartage suivant les aléas du développement inégal et par bonds entre les différentes puissances impérialistes déclinantes et celles «émergentes», très gourmandes.

Les multiples guerres impérialistes locales et régionales, sous prétexte hier de confondre les guérillas communistes dans les pays dominés et aujourd’hui d’éradiqués les activités dites «terroristes» de mercenaires et de flibustiers engagés, payés, armés et entraînées par les puissances impérialistes sont des expressions de ces combats pour le repartage des zones d’exploitation, d’oppression, de spoliation des ressources et de la plus-value dans le tiers-monde.

6) L’impérialisme se caractérise aussi par une hypertrophie des activités de service et par la tertiarisation de l’activité économique générale. Une part très importante de la force de travail est désormais occupée à offrir des services en tout genre (services tertiaires de restauration et d’hôtellerie par exemple et services quaternaires de gouvernance et de recherche-développement par exemple) alors que la portion congrue des forces productives reste attachée à la production de moyens de production (production de machines, d’outils, d’appareils, de systèmes de transports, de robots, de matière première et de produits de première transformation, d’énergie) et de biens de consommation courants.

Dans la plupart des pays impérialistes plus des trois quarts des travailleurs œuvrent dans le secteur des services tertiaires et quaternaires (restauration, hôtellerie, commerce de détail, arts et spectacles, éducation, soins de santé, banque et finance, services-conseil, services gouvernementaux, etc.). Tous ces travailleurs se partagent une part ou une autre de la plus-value produite par les ouvriers des secteurs primaires (mines, agriculture, forêts et pêcheries) et secondaires (construction, transport, industrie lourde et légère) (8).

Tout ceci démontre la très haute productivité des travailleurs et l’intensité infernale du travail dans les secteurs primaire et secondaire dans les pays impérialistes alors que les taux d’exploitation de la classe ouvrière et d’extraction de la plus-value de la force de travail ont atteint des sommets inégalés dans toute l’histoire de l’humanité. Les chantres des parcours de productivité pour accroître la compétitivité n’ont plus qu’à se rhabiller la classe ouvrière a déjà trop donné pour sauver leur système dépenaillé.

Par ailleurs, au même instant, l’armée de réserve des inactifs – désœuvrée et paupérisée – des travailleurs (chômeurs à temps plein ou partiel ; désœuvrés à plein temps ou temporairement ; assistés sociaux et pauvres retirés de la recherche active d’un emploi, etc.) n’a jamais été aussi imposante en nombre et en proportion que pendant cette crise économique systémique de surproduction.

En corollaire les activités primaires agricole, sylvicole et piscicole et de pêche hauturière sont, dans ces pays impérialistes avancés, devenues des activités très fortement mécanisées, avec usage massif d’une panoplie de produits chimiques industriels polluants (engrais, fongicides, insecticides, herbicides, OGM, etc.) atteignant des taux de rendement par unité de surface, des taux de productivité et d’exploitation de la terre-mère et de la force de travail salarié jamais égalés dans l’histoire de l’humanité (moins de 5% de la main d’œuvre active produit les matières premières forestières, minières, hauturières et agraires nécessaires à l’ensemble de l’économie).

Dans ces pays impérialistes avancés il ne reste plus aucune trace de la classe paysanne et des rapports sociaux féodaux. Dans quelques pays impérialistes ascendants – en cours de monopolisation-développement – les reliquats des rapports sociaux féodaux sont rapidement broyés en même temps que la classe paysanne est paupérisée – prolétarisée et chassée des campagnes vers les taudis urbains où elle s’agglutine dans l’attente d’un emploi aléatoire et misérable.

LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN (2e partie) *

Par ROBERT BIBEAU ** – 27 février 2013

Le stade ultime – impérialiste – du système d’économie politique capitaliste se particularise par le mélange de huit (8) caractéristiques dont nous avons présenté les six premières la semaine dernière [http://les7duquebec.org/ 7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-1ere-partie/]. Voici les deux derniers traits spécifiques de l’impérialisme contemporain :

7)      Avant-dernière trait prégnant de l’impérialisme contemporain à l’agonie ; on observe partout une concentration de la richesse sociale collective entre les mains d’une ploutocratie de plus en plus restreinte en nombre de familles et en nombre d’individus et de plus en plus puissante par cette richesse détenue en propriété privée. Dans certains pays comme la France, 200 familles environ détiennent le quart de toutes les richesses de la nation. Même constat en Italie, au Chili et dans de nombreux autres pays impérialistes dépendants comme Israël. En Chine puissance impérialiste majeure – bientôt première puissance économique mondiale – le nombre de milliardaires s’accroit de façon rapide et inexorable, particulièrement parmi les hauts dirigeants du Parti «Communiste». Aux États-Unis une petite fraction de un pourcent de la population détient le tiers des  richesses nationales (9).

Un réseau sélect et compact de grands oligarques, souvent cooptés à la direction et aux conseils d’administrations des grandes corporations, tient entre ses mains le capital financier, et tout le pouvoir économique, politique et militaire afférant. Cette concentration du capital et du pouvoir se produit au détriment de toutes les autres classes et sections de classe de la nation, y compris aux dépens des fractions non monopolistes de la bourgeoisie qui se rebiffent et tentent, impuissantes, d’entraver ce processus monopoliste inévitable (10). Ces fractions de classes bourgeoises dans leur résistance à la monopolisation se constituent en partis politiques sociaux-démocrates et même Communiste-révisionnistes.

La démocratie électorale bourgeoise n’est qu’une mascarade visant à confier à la population la sélection de la représentation à l’administration politique de l’appareil d’État. Ainsi, aux élections américaines de 2012, la population votante des États-Unis avait le choix entre la faction Républicaine des « fiscalistes » et la faction Démocrate des « monétaristes » ; une faction souhaitait transférer le fardeau de la crise sur le dos du peuple en haussant les taxes de la classe dite moyenne – ne touchant surtout pas à leurs frères de classe milliardaires – et en réduisant les services étatiques ; l’autre faction, d’accord avec cette orientation, souhaitait néanmoins y adjoindre quelques mesures vigoureusement inflationnistes d’émission de monnaie (dollars de pacotille) de façon à réduire le coût de la force de travail (la fraction du travail nécessaire) des ouvriers américains.

L’impérialisme c’est la guerre.

8) La militarisation de l’économie nationale et internationale est le huitième trait  caractéristique de l’économie politique impérialiste. Les pays impérialistes développent ou collaborent au développement de l’industrie militaire (Israël et le Canada sont parmi les plus importants sous-traitants de l’industrie de guerre américaine) ; ou encore, les universités et les laboratoires des pays impérialistes participent à la recherche-développement d’armes sophistiquées, armes de destruction massive, armes pour terroriser les populations civiles locales et celles des pays néo-colonisés (au Liban, en Palestine, au Congo, au Mali, etc.). Ces pays que la « communauté internationale » des pays impérialistes dominants accusent via leur paravent – le Conseil «d’insécurité» de l’ONU – de terrorisme, d’intégrisme, d’islamisme, de nationalisme excentrique (l’Iran refusant de laisser ses richesses en hydrocarbure être pillées par les majors américaines et britanniques du pétrole ou encore la Syrie coupable d’être alignée sur Moscou plutôt que sur Washington) et aussi – anciennement – ces communautés coupables du crime de communisme (ça c’était pendant l’ère du Maccarthysme et de la guerre froide).

9) Nombre des pays impérialistes moins puissants consacrent une portion importante de leur budget gouvernemental aux dépenses militaires et à l’armement.  Les pays impérialistes, même ceux qui ne sont pas très puissants, sont impliqués dans le commerce licite ou illicite d’armes de toute nature (les monopoles de la Suisse-pacifiste sont de grands fabriquant d’armement (!) Le Canada fabrique des mines anti personnelles, etc.). Les pays impérialistes maintiennent sur pied de guerre des corps expéditionnaires tout équipés d’armes sophistiquées de destruction massive, ce qui pèse lourdement sur les finances publiques et enrichit l’industrie de guerre nationale (parfois sous-traitante) et internationale dans laquelle les milliardaires locaux (grecs par exemple) font d’important investissements très payant, exempts d’impôts, alors que les ouvriers grecs sont harcelés par la « Gestapo fiscale » pour crime de « travail au noir » contre une poignée d’euros; de même en République tchèque, en Italie et en Belgique.

Les pays dépendants, dominés par une alliance impérialiste ou par une autre sont contraint de consacrer une portion importante de leur budget d’État, parfois famélique, à l’achat d’armes dispendieuses et au maintien d’une force de sécurité chargée de réprimer toute velléité de souveraineté véritable de la part d’une portion ou d’une autre de la bourgeoisie nationale aliénée. Évidemment, ces armées d’opérettes coûteuses, réactionnaires et parfois mafieuses – s’adonnant au trafic d’armes, de drogues et au pillage des ethnies minoritaires – ont aussi pour mission d’écraser dans le sang tout soulèvement ouvrier ou populaire qui viserait à renverser la chape de plomb dominatrice qui écrase les peuples opprimées. L’Arabie Saoudite consacrait 11,2 % de son PIB à la sécurité nationale, soit 39 milliards de dollars en 2010. L’Angola délictueux y consacrait 3,7 milliards de dollars US, ou 4,2% de son PIB, en 2010 [http://fr.wikipedia.org/wiki /Liste_des_pays_par_d%C3%A9penses_militaires].

Le triomphe de l’impérialisme moderne a eu pour conséquence directe l’éclatement constant de conflits larvés. Les États-Unis notamment ont mené plus de cent invasions militaires depuis 1890. Les grandes puissances impérialistes ont mené ces guerres d’agression soit à l’échelle locale (Nicaragua, Haïti, Colombie, Côte d’Ivoire, Soudan, Libye, Syrie, Mali, etc.). soit à l’échelle régionale (Guerre de Corée, Guerre du Vietnam et invasion de l’Indochine, Cachemire-Pakistan-Inde, Afghanistan-Pakistan, Irak-Koweït-Iran, Israël-Palestine-Liban-Égypte, ex-Yougoslavie, etc.) ; et, par deux fois dans l’histoire contemporaine, des guerres mondiales ont saccagé la planète pour une nouvelle répartition des marchés, le contrôle des gisements de matières premières et des puits d’énergie, et pour le repartage des sources de surtravail, de plus-value et de profits entre les puissances impérialistes en conflit (11).

La Grande Guerre (1914-1918) a entraîné l’élimination d’une immense force productive  (20 millions de morts et autant de blessés), une baisse de plus du tiers des capacités de production des puissances européennes et un repartage des zones coloniales d’exploitation dont l’Allemagne a été exclue. L’Allemagne Nazi tentera vingt ans plus tard de se tailler un nouvel empire colonial en Europe de l’Est et en Union Soviétique socialiste – avec le succès que l’on sait –. Un jour à Stalingrad les peuples soviétiques ont brisé pour toujours la machine de guerre impérialiste NAZI  des Krupp, Messerschmitt et de l’IG Farben.

Le krach boursier de 1929 et la Grande Dépression qui suivit entraîna une chute de production encore plus sévère, soit 40 % des forces productives dilapidées aux États-Unis seulement. La Seconde Guerre mondiale avec 50 millions de morts, des dizaines de millions d’estropiés et d’énormes destructions civiles et militaires provoqua l’élimination d’immenses forces productives, une chute drastique de la production de marchandises et le repartage des zones d’influences à travers le monde (12).

Le mouvement de libération nationale et de décolonisation qui suivit la Seconde Guerre mondiale (1949, libération de la Chine ; 1959, libération de Cuba ; 1962, libération de l’Algérie ; 1975, victoire du peuple Vietnamien ; 1979, Révolution iranienne ; 1989, effondrement du social-impérialisme soviétique, marquant le deuil définitif de l’utopique coexistence pacifique (entre deux systèmes sociaux antagonistes, doctrine que l’Union Soviétique avait proclamé vers 1956), modifia l’équilibre des forces géostratégiques  mondiales et entraîna la redistribution des sphères de contrôle, d’exploitation et de militarisation. Les agressions impérialistes visant la néo-colonisation de ces pays provoquèrent un brassage des alliances et des zones de contrôle des ressources naturelles et énergétiques, des marchés, des secteurs d’exportation de capitaux et de surexploitation du travail salarié, de la plus-value et de confiscation des profits – toujours se rappeler – s’il n’y a pas exploitation du travail salarié – il n’y a pas de plus-value et par conséquent il n’y a pas de profits.

La source de toute la richesse sous l’impérialisme contemporain

 Sous le système d’économie politique impérialiste le produit du travail salarié se divise en deux parts inégales et pas davantage :

A)  le « travail nécessaire » – la valeur de la partie de la journée de travail de l’ouvrier qui assure la reproduction étendue de la force de travail social. Le salaire de l’ouvrier doit donc couvrir à la fois le coût de sa propre reproduction et le coût de son renouvellement en tant que classe sociale (coûts associés à l’entretien de sa famille ainsi que les coûts associés à la survie de l’armée de réserve des travailleurs). La valeur du « travail nécessaire » se divise donc en deux parts inégales : i) le salaire net encaissé par le travailleur pour sa survie immédiate et celle de sa famille, et ii) les taxes et retenues, assurances, cotisations, fonds de pension et impôts en tout genre dont une partie servira à défrayer le coût des immobilisations et des services publics (soins de santé, écoles, universités, garderies, transport, culture, loisirs, etc.).

B) L’autre portion de la valeur produite par le travail salarié est le « surtravail » – c’est la portion non payée de la journée de travail de l’ouvrier que l’on appelle « plus-value » (ce que le travail vivant de l’ouvrier ajoute en valeur à la marchandise-matière première morte) avec laquelle le capitaliste paiera lui-même ses impôts et charges sociales et qui comprend finalement toutes les formes de profits capitalistes (redevances, rente foncière, bénéfices sur actions, profit commercial, etc.).

L’impérialisme c’est la crise économique systémique

Avec la résurgence de la crise économique lors du krach boursier de 2008 on constate une surcapacité de production des biens et des services ; d’où l’inévitable destruction des forces productives (fermetures complètes ou partielles d’usines, délocalisation d’entreprises industrielles et de services, chômage catastrophique, emploi à temps partiel et travail précaire ou au noir, destruction ou dilapidation en pays développé d’une portion des aliments pendant que les populations des pays sous-développés sont affamées, etc.). On observe également une baisse drastique des taux d’intérêts payés sur les placements ce qui entraîne souvent des rendements peu intéressants sur les investissements et les placements boursiers – pendant que certains monopoles s’en tire bien on observe une baisse générale des taux de profits moyens et un grand nombre d’entreprises capitalistes déposent leur bilan ou se font absorber par leurs concurrents.

Comment les pontes impérialistes ont-ils tenté de faire face à ces défis économiques récurrents ? Selon les pays, ils ont implanté l’une ou l’autre ou les quatre  mesures suivantes :

I) Afin d’enrayer la baisse moyenne de profitabilité et pour redresser leur barque économique en train de sombrer, le premier axe des efforts des oligarchies financières internationales – à travers les politiques économiques et sociales des gouvernements à leur solde – a été de rejeter sur le dos des travailleurs le coût total des services publics qui pourvoient à la reproduction de la force de travail social (travailleurs et aussi armée de réserve des chômeurs). Il a suffi pour les gouvernements de réduire la part du « travail nécessaire » – c’est-à-dire, en définitive, de réduire la valeur relative des salaires des ouvriers en laissant monter les prix inflationnistes ; en haussant les soi-disant « tickets modérateurs » et les coûts des services publics assumés par les consommateurs et en augmentant les charges fiscales et les retenues à la source grevant les salaires des travailleurs et de tous les employés.

II) Le deuxième axe des attaques menées par les gouvernements au service des riches  en vue de réduire la part du « travail nécessaire » par rapport au « surtravail » – générateur de plus-value – consiste à réduire drastiquement les services en saquant du personnel public et parapublic, en éliminant parfois complètement certains services collectifs nécessaires à la reproduction étendue de la force de travail.

La privatisation des services publics (traitement de l’eau potable, des déchets et des eaux usées) et l’adjudication exclusive aux entreprises privées des projets pharaoniques de construction d’infrastructures publiques sous mode de PPP (partenariat-public-privé) sont également des mesures de cette nature – c’est-à-dire des mesures de transfert des fonds publics au travail salarié privé. Toutes ces mesures ont pour effet de diminuer globalement la portion du « travail nécessaire » et d’augmenter d’autant la portion du «surtravail» et donc la portion de la plus-value (et des profits) produite par l’ouvrier pendant sa journée de besogne, sans pour autant augmenter ni la durée de la journée de travail, ni la quantité de marchandises produites, ce qui serait nuisible, puisque de toute façon les marchés sont encombrés de marchandises invendues…inutiles d’en rajouter.

III) Le troisième axe des efforts menés par les nababs financiers malins pour se sortir du pétrin et mettre fin à la baisse tendancielle des taux moyens de profits – s’extirper de la difficulté d’accumuler le capital nécessaire à la reproduction élargie de leur système déconfit  – consiste à prêter des montants astronomiques aux États créanciers de manière à plomber le service de la dette servant à rembourser le capital et les intérêts aux banquiers-créanciers. Environ 75 % des revenus des États impérialistes occidentaux proviennent des salariés alors que les charges fiscales des entreprises comptent généralement pour moins de 15 pour cent et vont en diminuant. Ce stratagème a été rendu possible, sinon grandement facilité, par l’abrogation en 1971 des Accords de Bretton Woods (signés en 1944 par 44 nations alliées – excluant l’URSS) qui structuraient le système monétaire impérialiste mondiale autour du dollar américain assujetti à la convertibilité du dollar US en valeur-refuge-or.

En abrogeant cette contrainte de convertibilité-or, il devenait loisible aux États-Unis d’émettre autant de dollars qu’ils le souhaitaient sans avoir à en garantir la conversion en valeur-or, ce qui leur était devenu impossible. Les réserves or des américains étaient largement insuffisantes. Les oligarques financiers se préparaient ainsi à hypothéquer l’économie du monde « libre » (sic) en repoussant plus avant le jour de l’effondrement. Depuis quelques années l’euro s’est engagé sur le même sentier dévoyé pour obtenir les mêmes résultats délurés (13). Vous ne devez pas vous étonnez si aujourd’hui la France, l’Allemagne l’Équateur, le Venezuela, la Roumanie, l’Iran et la Libye tentent tous de récupérer leur or [http://www.mondialisation.ca/les-veritables-raisons-pour-lesquelles-lallemagne-demande-aux-etats-unis-la-restitution-de-son-or/5321941].

IV) Le quatrième axe des efforts menés par les riches pour se sortir de la dépression économique et pour contrer la diminution de la plus-value extraite du travail salarié dans les centres impérialistes plus anciens (par rapport aux pays impérialistes dits « émergents ou ascendants » où les salaires sont pour le moment inférieurs à leurs concurrents) consiste à pousser au maximum la recherche-développement, la mécanisation, l’informatisation et la robotisation de la production. Observant ce phénomène, qui n’est pourtant pas récent, les intellectuels bourgeois ont inventé les frauduleux concepts d’« économie du savoir et des connaissances » et d’« économie des nouvelles technologies », deux fumisteries. L’économie politique, l’infrastructure de production et la superstructure idéologique, politique et militaire ainsi que les classes sociales spécifiques à « l’économie politique du savoir et des technologies » n’existent tout simplement pas. La connaissance – la science et la technologie – ont toujours été partie de l’infrastructure du système de production et de circulation capitaliste, particulièrement en phase impérialiste.

L’innovation n’est pas une nouveauté et a toujours accompagné le développement impérialiste. Le soi-disant miracle industriel allemand dans les années trente s’est  construit sur cette capacité d’innover. Le soi-disant miracle japonais et le miracle étatsunien dans les années soixante et pendant les Trente Glorieuses ont été basés sur cette capacité d’innover et de surproduire (accaparant la plus-value extra) en augmentant la part de capital constant (mécanisation-robotisation-informatisation) dans la composition organique du capital, ce qui occasionne justement la baisse tendancielle des taux moyens de profits.

Par l’innovation scientifique et technologique les capitalistes monopolistes tentent de repousser les limites physiques de l’exploitation du temps de travail et de l’effort salarié en faisant produire davantage de « valeur marchande » en moins de temps, ce qui réduit d’autant la portion de « travail nécessaire » par rapport à la portion de « surtravail » au cours d’une journée de travail normale, accroissant ainsi la part de plus-value relative et extra qui s’ajoute à la plus-value absolue et augmente de ce fait la portion des profits pour une accumulation supplémentaire de capital préalable à sa reproduction étendue… espèrent-ils…Nous verrons qu’il en va autrement dans le monde réel.

Le déclin de l’impérialisme contemporain (3e partie)

Par Robert Bibeau – 13 mars 2013

Le stade ultime du système d’économie politique impérialiste se caractérise par une succession de crises sans fin. La semaine dernière nous avons présenté quatre axes d’effort déployés par la classe capitaliste monopoliste pour se sortir de ces crises successives [http://les7duquebec.org/ 7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-2e-partie/]. La semaine précédente nous avions présenté les 8 caractéristiques de l’économie politique impérialiste contemporaine [http://les7duquebec.org/7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-1ere-partie/].

Cette semaine, attardons-nous aux soi-disant «Parcours de productivité afin d’assurer une plus grande compétitivité du travail salarié» que le patronat des différents pays en crise présentent comme la solution à tous leurs maux.

Productivité et compétitivité du travail salarié

L’essentiel de l’économie politique c’est la façon dont les hommes produisent et échangent leurs moyens de subsistance. Augmenter la part de la plus-value relative dans la production de ces moyens de subsistance est le motif de cette récente propagande médiatique à propos de la productivité et de la compétitivité autour desquelles chaque État impérialiste – grand ou petit – voudrait embrigader son prolétariat national contre tous les autres prolétaires de la Terre. L’ouvrier déjà surexploité avec forte intensité n’a pourtant rien à gagner de cette productivité accrue sinon des cadences de travail infernales, des journées de travail allongées, moins de sécurité dans l’atelier et sur les chantiers, un stress suicidaire et pas beaucoup plus de sous au bout de cette course effrénée contre sa santé.

Les hausses de productivité signifient davantage de plus-value relative et extra réalisée pendant le temps de « surtravail » (non rétribué) produite grâce aux robots informatisés, et aux appareils sophistiqués (capital constant), remboursée à même le « surtravail » de l’ouvrier floué (14). Car le capital n’est pas seulement, comme le disait Adam Smith, le pouvoir de disposer du travail d’autrui mais, comme le disait Marx, le pouvoir de disposer d’un travail non payé. « Toute plus-value, quelle qu’en soit la forme particulière – profit, intérêt, rente, etc. – est en substance la matérialisation d’un travail non payé. » [K. Marx. Le Capital. Garnier-Flammarion. (livre 1). Chapitre XVIII. Page 383].

Dans ce combat pour leur survie chaque grand monopole industriel, chaque multinationale, chaque oligopole, chaque cartel financier et, en définitive, chaque État impérialiste est en lutte contre tous ses concurrents monopolistiques. Les pays impérialistes montants, comme l’Inde, la Corée et la Chine, affrontent vigoureusement les pays impérialistes parvenus à maturité comme les États-Unis, la France, le Canada, l’Espagne ou l’Italie – y compris sur le front de la recherche-développement – où, ne voulant pas perdre leur avantage momentané (relativement à la plus-value absolue), ces nouveaux «dragons asiatiques» investissent tout autant que les États occidentaux en Recherche-Développement (R&D) pour innover et s’emparer de la plus grande part de plus-value relative et extra (15).

Les crises récurrentes de surproduction relative (16) entraînent des coupes sombres dans les capacités de production locales, qui prennent la forme d’externalisation, de fermetures d’usines et de centres de services, de délocalisation d’entreprises industrielles, commerciales et de services, vers des contrées où le « travail nécessaire » est moins important (couteux) et le «surtravail-non payé» plus abondant (profitable). S’ensuivent un chômage accru, le rétrécissement des marchés minés par la paupérisation relative des travailleurs-consommateurs, parfois rémunérés en de ça des besoins élémentaires assurant le renouvellement de leur force de travail ; ce dont les États-Unis, la Grèce, l’Espagne et l’Italie nous donnent actuellement des exemples patents (17).

L’État impérialiste contemporain

L’État, disait Lénine, est une machine destinée à maintenir la domination d’une classe sur une autre [Lénine. L’État et la révolution. Éditions en langues étrangères, 1966]. L’État capitaliste est l’État-major de la classe dominante et il maintient la domination de la classe capitaliste sur la classe prolétarienne et sur toutes les autres classes et fractions de classes de la société bourgeoise. C’est la raison pour laquelle nous conseillons de ne pas se gaspiller à tenter d’en prendre le contrôle et la gestion par les élections mais de le détruire de fond en comble afin de créer sur ces ruines un nouvel État populaire-ouvrier…mais certainement pas populiste-fasciste [R. Bibeau. Beppe Grillo. Triste clown désolant. Que du vent inquiétant ! 6.03.2013 http://les7duquebec.org/7-au-front/beppe-grillo-triste-clown-desolant-que-du-vent-inquietant/].

L’État bourgeois dans sa mission de gouvernance et de support à l’exploitation ouvrière et populaire en faveur de ses maîtres capitalistes monopolistes intervient de multiples façons dans le déploiement des sociétés modernes soit :

1)  sur le plan juridique, par un écheveau de lois, de décrets et de règlements visant à judiciariser les révoltes populaires (étudiantes, ouvrières, chômeurs, autochtones, etc.) et à réguler l’exploitation fondée sur la propriété privée des moyens de production et de commercialisation;

2)  sur le plan policier et militaire répressif, l’État bourgeois détient le monopole de la violence légale pour réprimer les résistances populaires et les insurrections ouvrières, et pour défendre les intérêts des expropriateurs, des investisseurs et des exportateurs nationaux sur la scène internationale;

3) sur le plan économique et politique, par l’attribution de contrats alléchants pour le développement des infrastructures de production, par des aides multiples aux entreprises en capital de risque et en subsides, et pour le maintien des infrastructures de transports et d’énergie ainsi que des superstructures d’entretien des employés et des ouvriers à exploiter (éducation, santé, culture et sports, etc.);

4) sur le plan commercial et financier, par le développement du commerce et le support à l’exportation des marchandises ouvrées et des matières premières brutes, ainsi que le soutien à l’investissement des capitaux asservissants (IDE, ou investissement direct de et à l’étranger) dans les pays dépendants ou chez les concurrents de la bourgeoisie nationale prédatrice, parfois nationalistes et toujours électoralistes.

Afin d’accomplir toutes ces missions pour le bénéfice des capitalistes nationaux et internationaux, l’État bourgeois collecte taxes, impôts, droits d’assises et autres redevances et il emprunte lourdement et de façon inconsidérée sur les marchés boursiers, puis s’enfonce sous le poids de ses dettes souveraines, réduisant d’autant la consommation et la circulation du capital national, ce qui tarit ses sources de revenu (taxes à la consommation et impôts sur la production). La spirale infernale de la dépression impérialiste trouve ici son apogée.

La contradiction fondamentale du système d’économie politique impérialiste

Pourtant, pour les capitalistes financiers, il est impératif de toujours maintenir une intense activité de production car c’est l’expropriation privée du « surtravail-non-payé » qui fournit la plus-value source de tous les profits et gage de leur survie.

Plus la crise du système global s’approfondit et davantage la classe des capitalistes monopolistes financiers désespère de sauvegarder ses monopoles, ses cartels, ses oligopoles et d’absorber ou de détruire ses concurrents nationaux et étrangers tout en surexploitant les manants localement et à l’étranger.

Chaque nouvelle tentative de résoudre la contradiction principale entre les forces productives collectives, de plus en plus « socialisées », et les rapports de production (la propriété privée des moyens de production et d’échange) aboutit à un nouvel échec puisque les rapports de production sociaux – capitalistes, privés, anarchiques et chaotiques – et la quête de plus-value et de profits maximum entraînent les crises de surproduction de capital productif et improductif et de marchandises, lesquelles crises entravent inexorablement le développement des forces productives matérielles et collectives, fondement de la reproduction étendue du système.

La loi de correspondance nécessaire entre les rapports de production sociaux et la nature et le  caractère des forces productives est ainsi transgressée. Un système social qui vogue ainsi de Charybde en Scylla et ne parvient plus à se reproduire est voué à une mort assurée. La question subsidiaire se résume à sa longévité… Combien de temps le laisserons-nous agoniser ?

On pourrait ainsi résumer la contradiction fondamentale inhérente au système impérialiste : la production de biens et de services – de marchandises – revêt un caractère social – collectif – qui exige une méticuleuse planification de la production et de l’échange ; alors que la propriété des moyens de production et du capital demeure privée – anarchique, chaotique, ce qui entraîne un développement inégale, imbriquée et par bonds saccadés – ce qui est incompatible avec le caractère social planifié du procès de production social.

Cette contradiction va s’aggravant à mesure que les forces productives sociales se développent. Cette contradiction se manifeste par une anarchie accrue de la production impérialiste, le gaspillage des ressources et des marchandises, la destruction des forces productives et du capital sous toutes ses formes et par l’accentuation des antagonismes de classes entre le prolétariat et les masses laborieuses d’une part et les différentes fractions de la bourgeoisie, particulièrement la clique des capitalistes monopolistes financiers d’autre part (18).

Les protagonistes sous l’impérialisme contemporain

L’histoire de l’humanité, depuis l’Empire du Milieu (Chine 202 av. J.-C.) en passant par l’Empire romain, l’Empire de Charles Le Quint, l’Empire de Saladin et jusqu’aux Empires napoléonien, victorien et américain contemporain, n’est pas l’histoire des héros assassins, des chevaliers d’industries, des requins de la finance, des présidents trônant dans le Bureau Ovale, à l’Élysée, au 10 Downing Street ou au 24 rue Sussex, ni de leurs thuriféraires obséquieux, mais bien l’histoire des peuples, des classes besogneuses – travailleuses, l’histoire de la lutte des classes antagonistes.

L’ensemble du processus de putréfaction impérialiste est totalement indépendant de la volonté des capitalistes pris individuellement ou collectivement. La question n’est absolument pas de départager les capitalistes monopolistes corrompus, ou méchants et incompétents de ceux qui seraient complaisants. Un capitaliste qui ne s’astreindrait pas aux lois d’airain de la lutte des classes et de la confiscation de la plus-value et du surtravail non-payé; qui transgresserait la Loi de l’accumulation vorace du profit maximum et du capital à reproduire, serait balayé ou absorbé par ses concurrents amis et ennemis tout à la fois. Seule la classe ouvrière, de par sa position objective dans le procès de production sociale de l’existence collective a la capacité et l’intérêt  de renverser radicalement le système impérialiste complètement.

Prolétaires et capitalistes monopolistes financiers sont les protagonistes antagonistes de cette contradiction fondamentale entre, d’une part, le travail salarié, socialisé, des millions d’ouvriers demandant à développer les forces productives sociales pour satisfaire les besoins nécessaires du peuple – et, d’autre part, la classe capitaliste monopoliste, majordome de l’État bourgeois et propriétaire privée des moyens de production et de commercialisation, contrainte d’extorquer la plus-value pour empocher les profits afin d’assurer l’accumulation puis l’investissement pour un nouveau cycle de reproduction élargie du capital et des profits. Or ce cycle de reproduction étendue se brise sur les récifs de ses propres contradictions insolubles. Ce système a fait son temps; le temps présent est pour le changement radical.

De la fin du système impérialiste

Quand un système d’économie politique ne peut assurer sa propre reproduction élargie, il est secoué par des convulsions à répétition qui appellent non pas sa conversion, sa remédiation ou sa transformation mais bien sa destruction, son renversement total et son remplacement intégral par un nouveau système d’économie politique qui respecte la Loi de correspondance nécessaire entre les caractères des rapports de production et la nature et les traits et le développement des forces productives.

Par deux fois le système d’économie politique impérialiste mondial a trébuché et par deux fois il est venu bien près de s’effondrer. Par deux fois (1914-1918 et 1939-1945) l’impérialisme s’est relevé et aujourd’hui de différentes manières il étend sa domination hégémonique sur la planète toute entière.

Un troisième rendez-vous mondial se prépare entre la classe ouvrière et son ennemi implacable. Si le prolétariat ne sait pas acquérir une conscience révolutionnaire de classe en soi et pour soi, s’il ne sait pas s’unir et s’organiser en parti de classe dirigé par une théorie d’avant-garde, alors cette guerre, éventuellement nucléaire (qui sait ?), verra l’hydre impérialiste détruire une partie de l’humanité puis renaître de ses cendres, plus loqueteux qu’auparavant mais toujours vivant.

C’est la raison pour laquelle on dit du prolétariat – classe créée par le capital – qu’il est le fossoyeur du capitalisme à son stade impérialiste d’obsolescence, et aussi qu’il est l’accoucheur d’un nouveau système d’économie politique, le socialisme.

Les précédentes tentatives d’instaurer un système d’économie politique socialiste ont soulevé une telle hystérie de la part de la grande bourgeoisie internationale qu’elle s’est appliquée à en faire disparaitre les acquis et la mémoire parmi les jeunes générations après avoir pris les armes contre les peuples soviétique, chinois, et albanais et contre tous ceux qui avaient osé la défier. Ces gouvernements socialistes ont été trahis de l’intérieur et renversés si bien qu’aujourd’hui la classe ouvrière doit assumer ses responsabilités, s’organiser en avant-garde déterminée et reprendre le chemin de la liberté pour ériger la société socialiste libre.

Prolétaires de tous les pays unissez-vous !

(1) Le capital financier représente la somme du capital constitué par des titres tels que les actions ou les titres de créances négociables (actions et obligations). Le capital financier a été aussi synthétiquement défini comme étant le pouvoir qu’exercent les groupes financiers (Banques, assurances, trust, etc.) sur les entreprises qu’ils détiennent ou qu’ils contrôlent.

(2) La titrisation est une technique financière qui consiste à transférer à des investisseurs http://fr.wikipedia.org/wiki/Investisseur des actifs financiers tels que des créances (par exemple des factures http://fr.wikipedia.org/wiki/Facture_(comptabilité)  émises non soldées, ou des prêts en cours) en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux http://fr.wikipedia.org/wiki/Marché_des_capitaux . Une telle titrisation s’opère en regroupant un portefeuille de créances de nature similaire (prêts immobiliers, prêts à la consommation, factures) que l’on cède alors à une structure ad hoc (société, fonds ou trust) qui en finance le prix d’achat en plaçant des titres auprès d’investisseurs. Les titres (obligations http://fr.wikipedia.org/wiki/Obligation_(finance), billets de trésorerie représentent chacun une fraction du portefeuille de créances titrisées et donnent le droit aux investisseurs de recevoir les paiements des créances (par exemple quand les factures sont payées, ou quand les prêts immobiliers versent des mensualités) sous forme d’intérêts et de remboursement de principal. Souvent, les paiements d’intérêts sont financés à même les sommes reçues des nouveaux investisseurs, on dit alors que la titrisation est sous forme de pyramide de Ponzi. http://fr.wikipedia.org/wiki/Titrisation.

(3) «Le gonflement artificiel de l’estimation de la richesse annuelle de certains pays, dans une fourchette qui va de 2% pour l’Union Européenne à 27% pour les États-Unis, une moyenne de 10 en pays impérialiste (…) Le capitalisme freine-t-il la croissance des forces productives depuis la première Guerre mondiale? Revue Internationale. 29 janvier 2012. http://fr.internationalism.rg/rint148/le_capitalisme_freine_t_il_la_croissance_des_forces_productives_depuis_la_première_guerre_mondiale.html.  « Les trafics en tous genres, la drogue en particulier, constitue une consommation improductive. Les trafiquants de drogue auraient blanchie 1600 milliards de dollars, soit 2,7% du PIB mondial en 2009. (..) Le rapport de l’ONUDC indique que tous les bénéfices de la criminalité, à l’exclusion de l’évasion fiscale, s’élèveraient à environ 2100 milliards de dollars, ou 3,6% du PIB en 2009. Drogues Blog. http://droguesblog.wordpress.com/2011/10/27/la-presse-ca-trafic-de-drogue-chiffres-astronomiques-saisies-minimes-selon-lonu/.

(4) «En novembre 2008, le Ministère du Budget estimait que presque 60 milliards d’euros étaient détournés grâce aux paradis fiscaux. A l’échelle mondiale, 35% des flux financiers ou 55% du commerce international transiterait par des paradis fiscaux. Ils concentreraient environ 11 000 milliards de dollars d’actifs gérés et les 2/3 des hedge funds <http://www.cafedelabourse.com/lexique/definition/hedge-fund/> seraient domiciliés dans des refuges fiscaux.». http://www.cafedelabourse.com/dossiers/article/quest-ce-quun-paradis-fiscal/.

(5) Oulala. 2.01.2013. Le salaire de la dette. http://www.oulala.info/2013/01/le-salaire-de-la-dette/.

(6) Le dernier krach boursier occidental (2007) a entraîné la disparition de 500 milliards de dollars d’actifs et requis 300 milliards de dollars de recapitalisation (capitaux soutirés aux gouvernements) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes

(7) Alliance Bolivarienne Pour les Amériques (ALBA) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_bolivarienne_pour_les_Am%C3%A9riques. Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) http://www.oecd.org/fr/. Accord de libre-échange-nord-américain (ALENA) http://www.international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/nafta-alena/index.aspx?lang=fra&view=d.  Fonds Monétaire International (FMI). Organisation du Commerce Mondial (OCM). Cours Pénale International (CPI). BRICS, acronyme pour identifier certains pays ayant «récemment» accéder à la phase impérialiste de développement tels le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

(8) La tertiarisation de l’économie capitaliste. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Tertiaire.htm Encyclopaedia universalis. Voir l’article sur l’économie de services. http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-de-services/1-de-la-tertiarisation-a-l-economie-de-services-des-vues-conflictuelles/

(9) Les 1% qui dirigent l’économie. http://www.centpapiers.com/quand-la-science-decouvre-les-1-qui-dirigent-leconomie/  La répartition de la richesse dans le monde. Un pourcent de la population détient 44% de la richesse mondiale. http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&frm=1&source=web&cd=3&sqi=2&ved=0CEAQFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.robertbibeau.ca%2Fpalestine%2FLarepartitiondelarichesse.doc&ei=SfrqUNHCOLOG0QHy6oD4AQ&usg=AFQjCNGAauXysmETMgGbAbXG68Ke2Cji0Q&sig2=8P8Yn4txhLmEDkv6Dl6Y1A&bvm=bv.1355534169,d.dmQ. Les huit familles bancaires aux USA. http://www.vigile.net/Les-huit-familles-partie-1. Pour le nombre de milliardaires en Chine voir   Vincent Gouysse. (2012). 2011-2012 Reprise de la crise. http://marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm

(10) Richard LEHIR. (2013).  Démondialiser, et vite! Ça urge !  http://www.vigile.net/Demondialiser-et-vite-Ca-urge

(11) Zoltan Grossman. Les guerres américaines depuis 1890. http://translate.google.ca/translate?hl=fr&langpair=en%7Cfr&u=http://academic.evergreen.edu/g/grossmaz/interventions.html&ei=w_fqUMaIFejO0QHxzoD4Cg

(12) Le capitalisme freine-t-il la croissance des forces productives depuis la première Guerre mondiale? Revue Internationale. 29 janvier 2012. http://fr.internationalism.rg/rint148/le_capitalisme_freine_t_il_la_croissance_des_forces_productives_depuis_la_première_guerre_mondiale.html.

(13) Robert Bibeau. (2012). La bataille de l’euro. http://les7duquebec.org/7-au-front/la-bataille-de-leuro/ Les Accords de Bretton-Woods. http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_Woods

(14) Pour une explication détaillée du concept de plus-value absolue et relative, le lecteur peut consulter la note 21 du texte : Mai-2008, le « printemps » dévoyé. http://les7duquebec.org/7-au-front/mai-2008-le-printemps-devoye-2e-partie/

(15) Du printemps occidental (Mai-68) au printemps dévoyé (Mai-2008). http://les7duquebec.org/7-au-front/du-printemps-occidental-mai-68-au-printemps-devoye-mai-2008/

(16) Nous indiquons « surproduction relative » puisque des millions d’individus meurent de faim chaque année et que des milliards d’autres survivent avec moins de deux dollars par jour; on ne peut donc parler de « surproduction absolue » de marchandises.

(17) L’Italie meurt de faim (2012). http://www.legrandsoir.info/les-italiens-luttent-pour-survivre.html  Vincent Gouysse. (2011) 2010-2011 Le réveil du dragon s’accélère. http://marxisme.fr/le_reveil_du_dragon_accelere.htm. Vincent Gouysse (2012). http://marxisme.fr/reprise_de_la_crise.htm. Robert Bibeau (2012) La Chine puissance impérialiste triomphante. http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html Robert Bibeau (2013) Inflation, dévaluation et crises monétaires.

(18) Académie des sciences de l’URSS. Institut d’Économie. Manuel d’économie politique. 1955. http://www.marxisme.fr  et Vincent Gouysse  (2009) Crise du système impérialiste mondial.

ANNONCE Dans le volume Impérialisme et question nationale (le modèle canadien) (2012) nous présentons l’évolution de la lutte des classes au Québec du soulèvement patriote (1837) jusqu’à nos jours (2012). Le volume est disponible GRATUITEMENT en téléchargement (format PDF Acrobat) à cette adresse :    http://www.robertbibeau.ca/imperialisme.pdf

Sources

* http://les7duquebec.org/7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-1ere-partie/

* http://les7duquebec.org/7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-2e-partie/

* http://les7duquebec.org/7-au-front/le-declin-de-limperialisme-contemporain-3e-partie/

* http://les7duquebec.org/

** http://les7duquebec.org/author/robertbibeau/

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