Égypte: pire pays arabe pour les femmes *

Une enquête Thomson Reuters** - Le 12 novembre 2013

La semaine dernière, les résultats de la troisième enquête Thomson Reuters, portant sur les droits des femmes dans les 21 pays de la Ligue arabe, ont été publiés.

Lanterne rouge du classement, l’Égypte affiche un mauvais score dans tous les domaines. Depuis l’élection du président déchu Mohammed Morsi, en juin 2012, l’influence des islamistes s’est accentuée dans le pays, amenant avec elle un recul pour les droits des femmes. Selon un rapport des Nations Unies publié en avril 2013, plus de 99% des femmes égyptiennes auraient subi au moins une agression sexuelle.

Les femmes sont aussi en proie au trafic et à des lois discriminatoires, normalisant les actes de violence commis contre elles. Selon Human Rights Watch, 91 femmes auraient été violées ou agressées sexuellement en public, en juin 2013, sur la place Tahrir, lors des manifestations anti-Morsi.

«Comme le montrent les sondages, nous les femmes avons besoin d’une double révolution, une contre les différents dictateurs qui ont ruiné nos pays et une autre contre ce mélange toxique de culture et de religion qui ruine nos vies en tant que femmes», a déclaré la journaliste Mona Eltahawy à Reuters.

Pour dresser son classement, la fondation Thomson Reuters a interrogé en août et septembre 336 spécialistes dans 21 états de la Ligue arabe et en Syrie (suspendue de la Ligue) pour donner un tableau global de la situation des droits des femmes trois ans après les différents «Printemps arabes».

Les questions ont été rédigées à partir des dispositions prévues dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes, signée ou ratifiée par 19 États arabes.

En Irak, classé avant-dernier, les droits des femmes ont régressé depuis le renversement de Saddam Hussein après l’occupation du pays par les États-Unis en 2003. Les abus au sein de la famille et la prostitution ont augmenté et l’illettrisme est en forte hausse, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.

L’Arabie Saoudite, classée 20e, est en légère progression. Le royaume wahhabite reste le seul pays interdisant aux femmes de conduire, mais quelques timides réformes mises en place par le roi Abdallah ont donné aux femmes de nouvelles possibilités d’emplois et ont permis qu’elles fassent davantage entendre leur voix en public.

Depuis le mois de janvier, 30 femmes siègent au Conseil de la Choura, qui compte 150 membres, un organisme consultatif auprès du roi. Le pays n’a pas de Parlement. Toutefois, pour travailler, se rendre à l’étranger, ouvrir un compte en banque ou entamer des études supérieures, les femmes saoudiennes doivent solliciter l’autorisation d’un parent masculin.

En Syrie, où la guerre civile fait rage, les forces qui soutiennent le président Bachar al-Assad sont accusées par les organismes de défense des droits de l’homme de viol et de tortures à l’encontre des femmes. «La femme syrienne est une arme de guerre, sujette à des enlèvements et à des viols par le régime et autres groupes», déclare une spécialiste de la défense des droits des femmes.

Dans les autres pays qui ont connu des soulèvements du genre «Printemps arabe», la situation est contrastée.

En Libye, classée 14e pour les droits des femmes, le renversement de Mouammar Kadhafi il y a deux ans n’a pas permis d’inscrire les droits des femmes dans la loi. Les experts parlent d’une hausse des enlèvements, extorsions et sévices à l’encontre des femmes.

En Tunisie, pays le mieux classés des pays ayant connu un « Printemps arabe », les femmes détiennent 27% des sièges au Parlement. La contraception est légale, mais la polygamie se développe et le droit successoral favorise les hommes.

Ci-dessous un diaporama des dix pays arabes les plus hostiles aux femmes:

http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/11/12/egypte-pire-pays-arabe-pour-les-femmes-selon-une-enquete-thomson-reuters_n_4262374.html?utm_hp_ref=quebec-international

Les pires pays arabes pour les femmes

No. 10: Djibouti

«Les femmes sont sujettes à des mutilations génitales, ce qui augmente la mortalité des mères», a déclaré un travailleur social djiboutien.

No. 9: Somalie

«Les femmes font l’objet de trafics dans le pays», a déclaré l’activiste Anab Nur

No. 8: Territoires palestiniens

Selon une activiste palestinienne, «il existe une forte contradiction entre le rejet des gens de la violence faite aux femmes et la violence commise en pratique, surtout les crimes d’honneur».

No. 7: Liban

«Une forte corruption et le copinage empêchent les femmes de prétendre aux positions politiques» – une activiste libanaise.

No. 6: Soudan

«Certaines lois ciblent les femmes, les humilient et affectent leur dignité humaine. Les femmes sont punies par le fouet et l’emprisonnement.» -Liemia Abubkr, journaliste.

No. 5: Yémen

«Les cas les plus importants de trafic au Yémen sont le mariage des mineurs et le mariage des touristes. Ces cas sont récurrents, et certains ont mené à la mort.» – activiste yéménite.

No. 4: Syrie

«Les femmes syriennes sont utilisées en tant qu’armes de guerre. Elles sont sujettes à l’enlèvement et au viol par le régime et autres groupes.» -Sabiha Khalil, activiste.

No. 3: Arabie Saoudite

«La règle de la tutelle donne aux femmes le statut de mineurs et les garde à la merci des hommes.» -journaliste saoudienne.

No. 2: Irak

«La violence physique et verbale envers les femmes s’est répandue. Cela doit être modifié par la loi et l’éducation.» -Shatha Al-Obosi, activiste et ancienne députée.

No. 1: Égypte

« Les agressions sexuelles sont endémiques ici et sont considérées comme socialement acceptables» – journaliste égyptienne.

Sources

* http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/11/12/egypte-pire-pays-arabe-pour-les-femmes-selon-une-enquete-thomson-reuters_n_4262374.html?utm_hp_ref=quebec-international

* http://quebec.huffingtonpost.ca/

** http://www.trust.org/spotlight/poll-womens-rights-in-the-arab-world/

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