L’évolution historique du Québec – Des définitions

Définition de l’histoire

L’histoire est à la fois l’étude des faits, des événements du passé et de l’ensemble de ces faits, de ces événements.  Elle pose des repères, elle indique des ruptures qui traduisent un changement.

Comment Napoléon définissait l’histoire

“L’histoire est un mensonge que personne ne conteste“

“La vérité historique est souvent une fable convenue“

“La vérité de l’histoire ne sera probablement pas ce qui a eu lieu, mais seulement ce qui sera raconté“

Le changement vs l’évolution – des mentalités

Il ne faut pas confondre les termes de changement et d’évolution, comme s’ils avaient le même sens. On parlera de “l’évolution des mentalités depuis les années 1960“, exactement dans le même sens où l’on parlerait de “changement des mentalités depuis les années 1960“.

Les mots n’ont pas la même signification : Un changement est un passage d’une chose, d’un état à un autre qui est neutre. L’eau se change en glace. La glace se change en eau. Cela n’a aucun sens de dire que l’eau “évolue“ en glace, que la glace “évolue“ en eau, ce n’est qu’un changement d’état d’un composé chimique.

Par contre, parler d’une évolution comporte un processus complexe et un perfectionnement d’un système.

Parler d’une évolution des mentalités, à la place d’un changement des mentalités est tout à fait discutable. On peut facilement soutenir que le monde change, mais que l’homme reste le même et qu’il n’a guère évolué socialement.

Par contre, nous avons un intérêt à croire que les mentalités évoluent. C’est une manière de se donner bonne conscience et de se donner une supériorité par rapport aux époques précédentes. “Aujourd’hui, on a évolué“.

C’est une généralité vague. Cela ne veut pas dire grand chose, mais cela meuble la conversation et cela peut remplir du papier. Et puis, c’est une manière de nous rassurer sur le fond, car nous souhaitons tous que notre vie évolue. Nous n’acceptons pas aisément que le changement puisse être une simple répétition qui n’apporte rien, et nous acceptons encore moins que le changement puisse être une détérioration, une dégradation. Il y a bien une voix de l’âme en nous qui désire une évolution.

Auparavant l’histoire se maintenait dans le champ thématique de l’histoire antiquaire:  ce qui méritait de figurer dans un livre d’histoire, c’était en gros seulement des traités et des batailles. Les seuls héros de l’histoire étaient des politiques et des militaires. Le peuple n’était pas considéré comme acteur de l’histoire et la vie quotidienne n’était pas considérée comme racontable dans un récit historique.

La nouvelle histoire opère une rupture nette avec  l’histoire antiquaire et entend libérer la thématique du récit historique pour inventer de nouvelles formes de l’histoire: on veut connaître l’histoire de l’art, l’histoire de la sexualité, l’histoire des peuples, l’histoire des mentalités.

On veut apprendre des rudiments sur ce que mangeaient les hommes d’autrefois, ce qu’ils buvaient, avec quels tissus ils pouvaient s’habiller et dans quelle couleur, ce qu’ils utilisaient comme décoration, quels étaient leurs formes de politesse, comment ils se lavaient, quels étaient leur pratiques lors d’un deuil, comment ils concevaient l’orientation, l’organisation d’une maison, s’ils avaient des choix en matière de symbolique des couleurs et pourquoi etc.

Dans un monde  comme le nôtre qui prône l’abolition des règles, il est tentant de se replier sur le passé pour trouver des repères. Dans le tourbillon de l’actualité et de l’éphémère, on cherche ce qui mérite d’être perpétué, ce qui donne leur valeur aux traditions.

Notre attitude face à l’histoire

Une attitude est une tendance à émettre une opinion ou à adopter une conduite déterminée. Résultat de mon insertion sociale, de mon histoire personnelle, de ma personnalité, elle n’est pas totalement consciente. Elle oriente ma perception, mon jugement et mon action.  Nous avons tous une paire de lunettes et notre paire de lunettes  est différente de celle de notre voisin.

Définition de l’État

L’État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d’institutions lui assurant un pouvoir suprême, sa souveraineté.

Le Robert le définit comme “l’autorité souveraine s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple et d’un territoire déterminés“. La cité-État de l’ancien monde grec a laissé place à la République romaine et à son Empire. Au XIXe siècle, le mouvement des nationalités favorise le modèle des États nations dans lequel la légitimité de la structure étatique repose sur une collectivité qui se définit en fonction d’une identité commune.

L’État, c’est la nation organisée, soumise à un gouvernement constitué et à des lois communes.

Le pouvoir exécutif, assumé par le Cabinet et le gouvernement

Le pouvoir législatif, détenu par les députés et les sénateurs

Le pouvoir judiciaire, assumé par les magistrats

L’État, le Canada ou le Québec, selon notre idéologie personnelle, est garant de l’unité nationale fondée sur son passé historique et la diversité de son territoire national.

Il assure le maintien de l’héritage commun à tous : système démocratique, institutions, conquêtes sociales.  Il est également le conservateur du patrimoine et se doit de sauvegarder l’environnement et de promouvoir la culture.

L’État assure en tout temps et contre toutes les formes d’agression la sécurité et l’intégrité du territoire et la vie des populations.

L’État maintient l’ordre public

L’État est responsable  de la conduite de la politique économique et sociale (défense de la monnaie, de l’emploi) et de la solidarité nationale (lutte contre les inégalités, santé publique, aide aux victimes des catastrophes naturelles). Il prévoit son action à long terme au moyen de plans successifs qui fixent les objectifs à atteindre.

L’État établit des liens avec les pays étrangers  et a des relations privilégiées avec certains pays. Il est membre de nombreuses organisations  où il défend ses points de vue, qu’ils soient philosophiques (droits de l’Homme) ou économiques  ou culturels .

L’État dispose du budget national, pour assumer toutes ces tâches

Définition de politique

Le mot politique vient de la racine grecque polis :la cité. La politique est la science de gouverner par l’État. -  Manière de gouverner (ex. : libérale, autoritaire, réactionnaire…). -  Ensemble des affaires publiques (ex. : politique intérieure, politique extérieure…).

C’est la ligne  de conduite adoptée par un gouvernement en vue d’entreprendre une action. Les instruments qui existent pour appuyer une politique et les moyens employés pour atteindre ses objectifs.

La politique est un scénario constant de rapports humains qui implique une mesure significative de pouvoir, de domination et d’autorité. Tout rapport politique touche de près ou de loin au phénomène du pouvoir. Qui dit pouvoir entraîne lutte de pouvoir.   Cette notion de pouvoir se retrouve dans toutes les organisations: parlement, parti, syndicat, association bénévole, université du 3e âge, etc…, c’est un phénomène social.   Pour Machiavel, le seul appétit de l’homme  est le pouvoir.

Dans une version objective, faisant abstraction de la motivation des acteurs, on constatera que toute action (politique) se traduit en fait par une lutte pour le pouvoir.

Définition de démocratie

La démocratie est un régime politique ou organisation sociale, où le peuple détient le pouvoir. Il s’agit donc du pouvoir direct pour et par le peuple. Mais cependant, seulement 6000 citoyens sur 30 à 40000 Athéniens se réunissaient pour décider.

Plus concrètement, c’est un régime dans lequel tous les citoyens possèdent à l’égard du pouvoir un droit de participation (vote) et un droit de contestation (liberté d’opposition).

On distingue la démocratie directe où le peuple exerce directement le pouvoir et la démocratie représentative (indirecte) où le peuple est représenté par des mandataires élus.

La démocratie ou « Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » est dite : a) directe, lorsque le peuple est appelé à se prononcer par voie de référendum; b) représentative, quand le peuple par la voie des élections désigne ses représentants.

Le suffrage est :

A) direct, quand le citoyen dépose lui-même dans l’urne son bulletin de vote (élections professionnelles, municipales, provinciales ou nationales);

B) indirect, lorsqu’il confie à des élus le soin de désigner d’autres représentants.

Qu’il soit direct ou indirect le suffrage est toujours universel, égal et secret:  universel : sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les citoyens canadiens des deux sexes jouissant de leurs droits civiques et politiques;  égal : nul ne peut disposer de plus d’une voix;    secret: il faut passer dans l’isoloir pour glisser son bulletin de vote dans une boîte de scrutin.

Le régime démocratique est dit :

A) présidentiel, lorsque le chef de l’État possède plus de pouvoirs que le Parlement (ex. : États-Unis)

B) parlementaire, quand il y a, en principe, équilibre des pouvoirs entre le gouvernement et le Parlement (ex. : Canada)

La démocratie s’oppose à l’autocratie, régime à la tête duquel se trouve un tyran ou un dictateur qui dirige l’État sans aucun contrôle. Sur plus ou moins 200  pays dans le monde, une quarantaine à peine jouissent d’un régime démocratique.

La démocratie, c’est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité: c’est un type de moeurs, de scrupules, de sens civique, de respect de l’adversaire; c’est un code moral.

Aucun régime ne répond totalement à l’idéal démocratique qui suppose une honnêteté totale des puissants à l’égard des faibles et une condamnation vraiment radicale de tout abus de pouvoir. Il faut respecter cinq critères indispensables : 1) élections libres; 2) opposition organisée et libre; 3) droit réel à l’alternance politique; 4) système judiciaire indépendant;  5) existence de médias libres. Même ainsi, certains états démocratiques, comme le Canada, la France ou le Royaume-Uni, dénièrent longtemps aux femmes le droit de vote ou étaient des puissances coloniales bafouant les droits des colonisés.

“La démocratie, disait Winston Churchill, est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres“. Ce qui gêne aujourd’hui certaines personnes ou certaines puissances, c’est de ne pouvoir déterminer le résultat d’une consultation électorale à l’avance. Elles aimeraient pouvoir établir des démocraties sur mesure. Car pour elles, la démocratie et l’économie de marché sont devenus des dogmes intouchables.

Définition de nationalisme

C’est une idéologie politique moderne fondée sur le principe de l’autodétermination des peuples, ou sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, impliquant à la fois la souveraineté populaire, l’indépendance de l’État national territorialisé, ainsi que l’unité et l’homogénéité culturelle de la population nationale.   C’est l’ensemble de comportements ordonnés à la défense des intérêts de la nation au-dessus de tout.

On considère généralement l’existence de deux types de nationalisme:

Un nationalisme libérateur, c’est une idéologie et une action politique qui visent à l’indépendance d’une nation lorsqu’elle est placée sous une domination étrangère. Le nationalisme peut aussi chercher à défendre une culture opprimée ou niée par un occupant ou dissoute au sein d’un ensemble plus vaste.

Ce nationalisme s’appuie alors sur l’unité historique, culturelle, linguistique de la population. Il est fondé sur le principe d’autodétermination des peuples (droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) avec pour conséquence la souveraineté populaire et l’indépendance de l’État sur un territoire national.

Un nationalisme dominateur, c’est une idéologie politique qui donne la primauté à la nation par rapport à toute autre considération dans les relations internationales.

Ce nationalisme peut trouver son origine dans des peurs provoquées par des dangers extérieurs ou par un ennemi intérieur (xénophobie, antisémitisme). Il conduit alors à un certain isolement et au retour vers le système de valeurs sur lequel est fondée la nation. Ce nationalisme est une des caractéristiques du Front National en France et des nouveaux mouvements politiques d’extrême droite.

Certains différencient les différents nationalismes sur la base du statut accordé ou refusé à leurs nations :

1) le nationalisme des “peuples sans États“ comme les Bretons ou les Basques  qui réclament l’autonomie, voire l’indépendance politique et administrative ;

2) le nationalisme des peuples dont les États ne sont pas souverains, comme les Québécois, les Écossais, Les Catalans, les Portoricains qui réclament un plus grand niveau d’autonomie politique ;

3) celui des États eux-mêmes, comme la France .

Lorsqu’il découle d’une volonté de puissance, de grandeur et de domination, le nationalisme conduit alors à un expansionnisme agressif : l’impérialisme, au colonialisme, cherchant parfois une justification dans l’Histoire même très ancienne. Ainsi, dans la première moitié du XXe siècle, le nationalisme a été à l’origine du fascisme italien et du national-socialisme allemand (nazisme).

Il ne faut pas confondre le nationalisme au patriotisme, qui peut pourtant en constituer un moteur, ni avec le chauvinisme qui est un patriotisme exagéré et agressif.

Le nationalisme est un terme ambigu quand il n’est pas défini. Il entend toujours défendre une identité nationale, justifiée par une communauté historique et culturelle, face à une agression extérieure, réelle ou supposée. Il semble avoir besoin de désigner un ennemi pour exister.

Les nationalismes libérateurs ou défensifs, entre autres, ont pour but déclaré de libérer une nation de l’emprise d’une autre entité perçue comme dominante. On peut situer dans ce courant :

1) le nationalisme catalan

2) le nationalisme écossais,

3) le nationalisme québécois

4) le nationalisme wallon

5) le nationalisme flamand

Quand l’entité dominante est un État, on parlera, suivant le degré d’autonomie souhaité, de régionalisme, d’autonomisme ou d’indépendantisme.

Définition de l’intégrisme

L’intégrisme est une doctrine visant à maintenir la totalité d’un système ou d’une religion. Il s’apparente au conservatisme.  C’est une attitude fortement résolue d’opposition à toute évolution et à tout développement.

C’est une attitude religieuse basée sur le strict respect des dogmes, des écrits et des principes fondamentaux dans différentes religions. Les intégristes sont souvent perçus comme des fanatiques, des fondamentalistes.

C’est une doctrine préconisant le respect intégral du dogme et de la tradition. Dans l’Église catholique, l’intégrisme s’est opposé au catholicisme social, puis aux réformes introduites par le concile de Vatican II. On parle également d’intégrisme pour désigner toute forme de conservatisme religieux, y compris dans les domaines judaïque et islamique. C’est l’attitude de ceux qui refusent l’évolution d’une doctrine. Il vise à intégrer toute la vie dans la doctrine religieuse qu’il défend. On parle d’intégrisme pour désigner toute forme de conservatisme religieux.

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