L’évolution des valeurs au Québec

Présentation

Avant la Révolution tranquille = caractères noires

Après la Révolution tranquille = caractères rouges

 

CULTURELLE

• La religion catholique.

• Le laïcisme

• Des Canadiens français majoritaires s’exprimant en joual.

• Des Québécois multiculturels, acceptant toutes les différences, à l’exception peut-être de leur propre identité. La langue française s’impose de plus en plus par le pouvoir législatif et réglementaire, et de moins en moins par le poids et la cohésion de la population qui la partage  – variable selon les régions.

• La ruralité

• La réalité citadine

SOCIOLOGIQUE

• Un système de valeurs ayant un pouvoir coercitif puissant, imposé dans un code unique de moralité, enseigné et transmis par des autorités reli­gieuses influentes.

• Des valeurs dites pluralistes mais disjointes ayant peu de pouvoir coercitif à l’échelle de la société entière. On pourrait poser l’hypothèse qu’à un véritable système de valeurs, se seraient substituées les dispositions du code civil et du code criminel.

 

ÉCONOMIQUE

• Des activités centrées sur l’extraction des matières premières et la fabrication des produits finis (les secteurs primaire et secondaire d’activités).

• Des activités centrées sur les services (secteur tertiaire). La richesse collective est encore assurée, en bonne part, par l’exportation des matières premières

•  Tendance à l’autosuffisance des communautés locales et régionales.

• Spécialisation des commu­nautés locales et régionales d’où dépendance accrue et interdépendance nécessaire.

• Des services dispensés sous la gouverne d’autorités reli­gieuses (privées), notamment en santé, en services sociaux et en éducation.

• Services assurés sous la gou­verne de l’État (public) notam­ment en santé, en services sociaux et en éducation, après appropriation des infrastruc­tures existantes.

• Le poids des dépenses publi­ques dans l’économie relati­vement faible.

• Rôle économique prédominant des dépenses publiques.

• Le revenu moyen per capita est faible en raison, notam­ment, d’un plus grand nombre de dépendants en moyenne, par chef de famille et chef de ménage.

• Le revenu moyen per capita est plus élevé.

 

DÉMOGRAPHIQUE

• Encouragement obligatoire  de la natalité; mariages jeunes et indissolubles; le rôle domestique des femmes est dominant; l’unité sociale signi­ficative est associée au ménage et à la famille.

• Chute dramatique de la nata­lité; divorces nombreux; le rôle public des femmes s’accroît; l’unité significative est désor­mais associée à la personne.

• Poursuite de l’occupation du territoire : la colonisation du territoire par l’intérieur.

• Concentration de la population dans les grands centres : le territoire inoccupé est conçu comme réservoir de matière première -  bois, eau, bassin hydroélectrique, etc. -  ou comme zone de loisir, de plein air, chasse, pêche, randonnée pédestre, motoneige, etc.

 

POLITIQUE

• Reconnaissance opération­nelle du principe des “rois pouvoirs“ disjoints et antago­nistes :

1) judiciaire;

2) exécutif : le gouvernement sous l’autorité du premier ministre;

3) législatif : le parlement où s’exerce le pouvoir de représentation sous l’autorité du représentant de la Reine.

• Neutralisation du pouvoir législatif (avec la dissolution du Conseil législatif en 1968). Prédominance du pouvoir exé­cutif; les pouvoirs du premier ministre étant comparés à ceux d’un monarque élu, le titre en moins, pour une période de quatre ans. Dans ce contexte, les députés sont assujettis aux lignes des partis politiques et à l’autorité des chefs de parti.

 

• Le pouvoir administratif est faible

• Le pouvoir administratif est dominant : il prépare les projets de loi à l’intention du Conseil des ministres présidé par le premier ministre, lequel les fait entériner par le parle­ment selon les orientations définies aux programmes des partis politiques.

• Eu égard à la faiblesse des dépenses publiques dans le PIB, l’influence exercée par les lobbies sur les pouvoirs politi­ques est peu diversifiée et plutôt faible, à l’exception des grandes entreprises d’exploitation de matière pre­mière d’origine étrangère, des autorités religieuses et des entrepreneurs en voirie.

• Eu égard à l’importance éco­nomique considérable des dépenses publiques, se sont ajoutées les influences exer­cées par une multitude de groupes de pression et d’intérêt, de syndicats, etc. aux intérêts parfois des plus diver­gents, mais dont la multitude se calque sur les formes de l’activité gouvernementale.

• Aucun débat majeur mettant en cause l’appartenance au régime fédéral canadien.

• La question de l’indépen­dance du Québec apparaît être le seul débat de société ayant cours depuis la fin des années 1960.

• Expérience limitée des conflits engageant des collectivités les unes contre les autres. Cette expérience se résume à une participation à deux grands conflits mondiaux (1914-18 et 1939-45) c’est-à-dire à la dimension physique de la guerre et, de surcroît, sur des terrains d’opération étrangers.

• Peu d’aptitude à reconnaître les manifestations d’une guerre économique, engagée entre les régions et au sein même de la société québé­coise; les rivalités de cet ordre étant perçues davantage comme le fait d’un conflit entre le Québec (le Bas Canada dont le champion se veut incarné par le gouvernement provincial) et l’Ontario (le Haut Canada dont le champion est associé au gouvernement fédéral).

 

• Deux parlements, un provincial et un autre fédéral qui permettent l’exercice du pou­voir de représentation des inté­rêts collectifs de chaque comté électoral, par le truchement d’un député provincial et d’un député fédéral élus démocrati­quement dans chaque cas.

• Une constitution canadienne qui reconnaît au Québec 75 sièges au parlement fédéral pour autant de comtés électo­raux; chaque comté étant délimité géographiquement sur la base de critères démogra­phiques, soit la population du dernier recensement divisée par 75, plus ou moins 25 %.

• Dans un tel contexte, les régions du Québec n’ont pas légitimité politique perma­nente, contrairement au Québec lui-même en tant que région canadienne. Rien ne s’oppose donc au démantèle­ment de la société québécoise par l’intérieur, que ce soit par la mise en place de facteurs internes ou externes.

Extrait du livre de Charles Côté (sociologue) et Daniel Larouche (historien), Radiographie d’une mort fine. Dimension sociale de la maladie au Québec. (Tableau 18, pp. 166 à 168). Chicoutimi : Les Éditions JCL, 2000, 286 pages.

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