Citoyens de Québec *

«Une soute», «un frite» et 8 autres expressions auxquelles un Montréalais en exil à Québec ne s’habitue pas facilement *

Par Le Journal de Montréal *-  24 octobre 2014

Les Montréalais qui ont la chance de s’installer à Québec finissent par s’habituer aux expressions les plus caractéristiques des citoyens de la capitale. Mais ça prend du temps. Pour les autres, voici un petit lexique de 10 expressions et prononciations qui distinguent les citoyens de la capitale de leurs vis-à-vis de la métropole. À lire sans se prendre au sérieux.

1 – «Une soute»: Ce que les Montréalais appellent un habit de neige ou un habit d’hiver, lorsque la première neige commence à tomber, devient «une soute» (de l’anglais «suit»), à l’autre bout de la 20. Pas «une soute de neige» ou «une soute d’hiver. Non, «une soute» tout court.

2 – «Un frite» : Dans le 514, on dit «une frite», quand on veut parler d’un casseau de pommes de terre frites. Mais pas dans la capitale. À Québec, en file au comptoir d’un Ashton par exemple,il faut commander «UN» frite. On a même vu des menus écrits dans un français autrement impeccable indiquer qu’UN frite est disponible. Si vous demandez «une frite», on pourrait bienvous remettre un seul bâtonnet de pomme de terre frite. (Comprenez alors qu’on se moque de vous.)

3 – «Pour sortir»: C’est un peu la suite de la frite commandée précédemment. Si, en file à un comptoir alimentaire, vous commandez votre frite «pour emporter», il vous faudra dire «pour sortir » (de l’anglais «to go»). Autrement, on va vous comprendre — évidemment —mais il sera sans doute tout aussi évident pour votre interlocuteur que vous n’êtes pas de la place.

4 – «Une bus»: Le dictionnaire a beau avoir réglé la question depuis longtemps, à Québec, le mot bus change souvent de genre et devient féminin (à l’oral du moins). Les citoyens de Québec qui empruntent le Réseau de transport de la capitale (RTC) se précipitent donc chaque jour au coin de la rue pour attendre «LA bus».

5 et 6 – Les classiques «baleine» et «poteau»: On ne peut pas rédiger un lexique des expressions les plus typiques de Québec en passant sous silence les deux seuls mots dont la prononciation fait rire les Montréalais (sans trop qu’on sache pourquoi, d’ailleurs). Les mots qu’on prononce «balAÏne» et «pÔteau», dans la métropole, retrouvent un son plus agréable, plus fluide, dans la capitale : on lesprononce «balène» et «po’-teau».

7, 8, 9 et 10 - «Mute», «Google»,«Youtube» et «Maguire» : À Québec, les mots et marques de commerce anglais sont parfois prononcés comme s’ils étaient des mots français. Le bouton de la télécommande qui sert à couper le volume de la télévision se prononce «mÜte», avec un «u» français comme dans «usage» ou «utile». Le moteur de recherche «Google» ? À Québec, on dit «Gougueule». Et le site Youtube, vous l’aurez compris, se prononce «You-tÜbe». Dans la même veine, le nom de larue Maguire, dans le secteur Sillery, ne se prononce pas «Magwailleur», comme on pourrait le croire,mais bien «Magoire». Même dans les publicités à la radio!

* Source

http://www.journaldemontreal.com/2014/10/24/une-soute-un-frite-et-8-autres-expressions-auxquelles-un-montrealais-en-exil-a-quebec-ne-shabitue-pas-facilement

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