La culture québécoise dans ses aspects plus économiques et institutionnels

La culture québécoise

 Le Québec est devenu le ferment d’une culture prolifique, dynamique et originale, portée par des artistes et des oeuvres qui font aujourd’hui le tour du globe. Bien sûr, ce succès est particulièrement visible dans le domaine des variétés dont quelques figures emblématiques pourraient être le Cirque du soleil, Céline Dion ou le Festival Juste pour rire. Mais la créativité québécoise s’auréole, depuis plusieurs années, d’une notoriété internationale en théâtre, en musique, en danse, en cinéma, en littérature, en arts visuels, en publicité, en multimédia… À travers la francophonie et le monde, l’audience et l’influence des artistes québécois sont bien supérieures à celles du poids démographique du Québec.

La qualité de la création québécoise naît d’un étonnant foisonnement. À eux seuls, trois chiffres indiquent une offre culturelle québécoise dont la quantité impressionne pour une population de sept millions d’habitants : presque 6 000 titres de livres publiés chaque année, environ 2 000 spectacles différents en arts de la scène et près de 500 institutions muséales.

L’impulsion financière d’un ministère québécois dédié à la culture dès 1961, sous l’impulsion de Georges-Émile Lapalme, essentiellement dirigé vers la formation, la production et la diffusion artistiques professionnelles, aura certainement constitué un levier essentiel à l’essor de la culture québécoise. Car c’est dans la foulée des mesures gouvernementales mises de l’avant par le Québec, que sont nés des centaines d’organismes artistiques, quelques grandes institutions culturelles nationales, un réseau de Conservatoires, des centres d’archives, des bibliothèques, des musées, des librairies, des galeries d’art, des centres d’exposition, des salles de spectacle et quantité de festivals artistiques… qui ont favorisé une grande vitalité artistique.

« Dans un pays tranquille, nous avons reçu la passion du monde » écrivait la romancière et poète Anne Hébert. En Amérique du Nord, le Québec se démarque notamment par sa culture. Déjà, la langue française en constitue un trait distinctif fondamental. Mais les traces de l’occupation européenne du dix-septième et du dix-huitième siècle y sont aussi beaucoup plus importantes, révélant un patrimoine particulièrement riche pour cette portion du « nouveau » continent. Et, l’ouverture aux cultures provenant d’ailleurs y est tangible, notamment à cause d’affinités culturelles fortes avec l’Europe et à cause de l’habitude mieux prise des produits audiovisuels doublés, du grand impact populaire des différents festivals culturels et de l’apport culturel des vagues successives d’immigration.

Langue française, héritages autochtones et européens, proximité des États-Unis et influences venues de l’immigration placent ainsi le Québec à un carrefour culturel original, au confluent de l’Europe et de l’Amérique.

Les dépenses du gouvernement du Québec

Le gouvernement du Québec  dépensait dans le domaine de la culture une somme près de 550 millions de dollars (M$) au tournant de l’an 2000. Ces dépenses sont réparties dans quinze secteurs culturels. Quatre d’entre eux, soit les musées, la radio-télévison (RTV), les arts de la scène et les activités multidisciplinaires, se partagaient près de 60 % du montant disponible.

De tous les gouvernements provinciaux au Canada, le Québec est celui qui alloue les sommes les plus importantes à la culture, soit 73,00 $ per capita comparativement à une moyenne de 31,47 $ dans le reste du Canada à la fin de XXe siècle.

L’ensemble des dépenses publiques au Québec

Le montant consacré à la culture au Québec par le gouvernement québécois, le gouvernement fédéral et les administrations municipales dans le domaine de la culture atteint plus de 1 650 M$  à la fin de XXe siècle.

Parmi les secteurs culturels bénéficiant d’une aide publique, celui de la RTV constitue un cas unique :  quoique  le gouvernement fédéral depuis une dizaine d’année ait sabré dans le budget de Radio-Canada mettant ainsi les services en français dans un situation précaire.

Le secteur de la culture et des communications

Les entreprises et organismes culturels et de communication engendrent une gamme importante d’activités qui touchent tous les secteurs de l’économie québécoise; ils procurent non seulement des emplois, mais aussi des débouchés aux entreprises qui les approvisionnent en biens et services.

Dans leur ensemble, les entreprises et organismes culturels, des médias, du multimédia, des télécommunications et des administrations publiques dédiées à la mission culturelle et de communication engagent annuellement des dépenses d’exploitation totalisant plus de 13 milliards de dollars. Ces montants entraînent dans l’économie québécoise des effets importants sur le produit intérieur brut, l’emploi, les salaires et les revenus des gouvernements.

Au total, près de 175 000 emplois sont créés directement et indirectement sur une base annuelle par le secteur de la culture (plus de 75 000 emplois) et des communications (près de 100 000 emplois) au Québec. Les gouvernements fédéral et provincial retirent des sommes importantes de l’existence des entreprises du secteur de la culture et des communications.

Outre la contribution économique, rappelons que les entreprises et organismes apportent des bénéfices importants qui ne peuvent être mesurés quantitativement. Des considérations uniquement économiques ne peuvent en effet traduire adéquatement certaines valeurs de la société ainsi que des considérations esthétiques. La mission première de ces entreprises et organismes est d’ajouter à l’expression créatrice et à la qualité de la vie plus que de générer des dollars et des emplois. Cette contribution dépasse largement les aspects économiques.

L’intervention du gouvernement, des organismes et des sociétés d’État

Deux institutions nationales, une unité autonome de service, douze organismes et sociétés d’État relèvent de la ministre de la Culture et des Communications. Le Ministère collabore avec ces organismes et sociétés d’État dans la réalisation de leurs mandats

Archives nationales du Québec

Les Archives nationales du Québec doivent s’assurer de la conservation et de la mise en valeur des documents significatifs pour l’histoire du Québec : conserver et diffuser les archives historiques, gouvernementales, civiles et judiciaires; encadrer et conseiller les organismes publics dans la gestion de leurs archives administratives et historiques; promouvoir la conservation et l’utilisation des archives privées.

Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec

Le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec est un réseau d’établissements d’enseignement offrant une formation professionnelle à des interprètes et à des créateurs dans les domaines de la musique et de l’art dramatique.

Centre de conservation du Québec

Comme institution nationale, le Centre de conservation du Québec joue un rôle de premier plan auprès de réseaux d’établissements québécois chargés de la conservation du patrimoine mobilier. Sa mission : offrir des services professionnels d’expertise et de restauration; sensibiliser les institutions muséales et autres gardiens de biens d’intérêt patrimonial à l’importance de la conservation préventive (ensemble des mesures et des conditions nécessaires pour prévenir ou freiner la détérioration des biens ou des oeuvres d’art); encourager le développement de la connaissance, des compétences et des aménagements nécessaires à une meilleure conservation du patrimoine mobilier.

Bibliothèque nationale du Québec

Le 4 mars 2002, entrait en vigueur la loi qui fait une seule institution de la Bibliothèque nationale du Québec et de la Grande bibliothèque. La Bibliothèque nationale du Québec a une double mission de conservation et de diffusion. Elle rassemble et conserve en permanence le patrimoine documentaire québécois publié, de même que toute documentation relative au Québec et publiée à l’extérieur du Québec. Elle diffuse, sur place et à distance, le patrimoine documentaire québécois et une collection universelle de prêt dont l’accès est libre et gratuit pour toutes les personnes résidant au Québec.

Commission de reconnaissance des associations d’artistes et des associations de producteurs Commission des biens culturels du Québec Conseil des arts et des lettres du Québec

En vertu de sa loi constitutive sanctionnée en décembre 1992, le Conseil des Arts et des lettres du Québec exerce ses responsabilités dans les domaines des arts visuels, des métiers d’art, de la littérature, des arts de la scène, des arts multidisciplinaires et des arts médiatiques, ainsi qu’en matière de recherche architecturale. Le Conseil a pour mission de soutenir, dans chacune des régions, la création, l’expérimentation et la production artistique, ainsi que le perfectionnement des artistes. Il doit en plus favoriser le rayonnement de la culture québécoise ailleurs au Canada et à l’étranger.

Musée d’art contemporain de Montréal

Le Musée d’art contemporain de Montréal a pour mandat, depuis 1968, de faire connaître, de promouvoir et de conserver l’art québécois contemporain et d’assurer une présence de l’art contemporain international par des acquisitions, des expositions et d’autres activités d’animation.

Musée de la civilisation

Ouvert au public depuis 1988, le Musée de la civilisation a pour mission de faire connaître l’histoire et les diverses composantes de notre civilisation, notamment les cultures matérielle et sociale des occupants du territoire québécois et celles qui les ont enrichies. Il assure la conservation et la mise en valeur de la collection ethnographique et des autres collections représentatives de notre civilisation.

Musée national des beaux-arts du Québec

Fondé en 1933, le Musée du Québec dont la nouvelle dénomination est le Musée national des beaux-arts du Québec a pour fonctions de faire connaître, de promouvoir et de conserver l’art québécois de toutes les périodes et d’assurer une présence de l’art international par des acquisitions, des expositions et d’autres activités d’animation.

Régie du cinéma Société de développement des entreprises culturelles

La Société de développement des entreprises culturelles a pour mandat de soutenir le développement des entreprises culturelles, y compris les médias, dans toutes les régions du Québec. Le champ d’action de la Société couvre également les entreprises des secteurs du cinéma et de la télévision, des métiers d’art, du disque, du spectacle et des variétés, du livre de l’édition spécialisée et du multimédia.

Société de la Place des arts de Montréal

Créée en 1964, la Société de la Place des arts de Montréal a pour fonctions de produire et de présenter des spectacles et doit voir, en plus, à l’administration de son établissement.

Société de télédiffusion du Québec

Créée en 1968, la Société de télédiffusion du Québec connue maintenant sous le nom den Télé-Québec a pour mandat principal d’exploiter une entreprise de radio-télévision sur l’ensemble du territoire québécois. Elle est autorisée à produire, coproduire, acquérir et diffuser une programmation diversifiée, de nature éducative et culturelle.

Société du Grand Théâtre de Québec

Depuis sa fondation en 1968, la Société du Grand Théâtre de Québec a pour mandat de favoriser le rayonnement des arts de la scène. Elle produit et présente des spectacles et voit à l’administration de son établissement.

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