La langue de chez nous: un clin d’oeil de la Suisse

Dans le cadre de la Semaine de la Francophonie 2005 qui s’était déroulée du 13 au 20 mars, il a été demandé à quelques-uns de nos amis d’ici et d’ailleurs de faire une courte réflexion sur « la langue de chez nous » : notre langue, leur langue, celle qui nous unit à l’intérieur de la grande famille francophone.  Elles et ils ont répondu à la demande.  Jean Liegeois pour la Belgique, Patricia  et Pascal Champvert pour la France, Isabelle et Raymond Minger pour la Suisse et Bernard Fournelle pour le Québec.

Avec Isabelle et Raymond Minger *

La Suisse, fait partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, le 20 mars est décrété comme journée de la Francophonie, mais aucune manifestation n’est prévue à notre connaissance.

La langue française est la 2e des langues officelles de la suisse qui en compte quatre : allemand 68% – français 20% – italien 10% – romanche 2%.  Sur 20 cantons et 6 demi-cantons qui composent notre pays, 4 sont entièrement francophones, il s’agit de Genève, Vaud, Neuchâtel et Jura.   Le Valais, Fribourg et Berne sont bilingues.

Les gens de notre pays qui parlent français sont appelés « Les romands » et les cantons francophones forment « La Suisse Romande ».

Le français est en léger recul en Suisse, mais plutôt par rapport è l’anglais qui, bien que  non officiel prend hélas, de plus en plus d’importance dans le commerce, voir le langage courant.

La Suisse Romande est séparée de la Suisse Allemande par le « röeschtigraben » dans notre langue « barrière des « Röechtis ».  Il s’agit d’un plat de pommes de terre râpées et  rôties d’origine suisse alémanique, mais qui c’est depuis longtemps imposé dans toute l’Helvétie.  On utilise toujours ce terme pour délimiter les deux parties les plus importantes de la Suisse.

L’entente entre les différentes parties linguistiques de la Suisse est bonne et mise à part quelques plaisanteries sur la lourdeur des Suisses allemands et la légèreté des Romands, la coexistence est facile.

On dit que les Suisses sont tous « bi ou trilingues », ce n’est que partiellement vrai, car si tout le monde apprend une deuxième langue à l’école, pour beaucoup, les connaissances restent scolaires.  Il est cependant à relever que la grande majorité des Suisses alémaniques sont capables de vous répondre en français, même s’il est parfois approximatif.

Les Romands se sentent très proches des Français, qui sont leurs voisins les plus directs mais aussi et surtout des Belges et des Québécois qui comme eux, représentent des minorités linguistiques.

Comme chaque pays ou région, nous avons notre français avec un vocabulaire pas toujours académique et qui certainement ressemblent parfois au vôtre !   En voici un tout petit échantillon :

« .. et vous les gosses bougillons, cessez de bringuer et faire la meule et de batoiller, faites plutôt vos tâches ».

 » Le triangle a passé cette nuit, les gonfles sont énormes au bord de la route des mayens, cela en fera des gouilles pour gaillocer au printemps et il y aura bien de l’eau pour la levée du bisse ».

« En attendant le morbier vient de sonner, il est temps de faire les 4 heures, je vous ai préparé de la rasure et si vous voulez le crotchon du pain avec une branche ou des tartines de gratte à cul ».

« Mettez ensuite vos livres sur les tablards ou dans vos sacs d’école, habillez-vous chaudement, il fait une cramine dehors et allez vous luger, sans trop canader, ni cupécer, ni mettre les luges en cannelle, vous briquez tous ces temps en faisant les bobets et je dois mettre des blétses à vous salopettes.  Ne descendez pas trop de bizingues et ne vous laissez surtout pas étruler par les grands staufifres en vacances chez les welches ».

« Je panosse la cuisine et pour souper, vous ferez un gâteau au fromage, un aux pommes, et s’il me reste une plaque à gâteau, une sèche au sucre… ».

La Suisse Romande vous salue bien amicalement, nous vous joignons un petit lexique pour une meilleure compréhension.

Les gosses = les enfants

Bougillons = qui ne restent pas tranquilles

Bringuer – faire la meule = ennuyer, agacer

Batoiller = parler sans arrêt

Gaillocer = jouer avec l’eau

Morbier = grosse horloge de parquet souvent richement décorer

Faire les 4 heures= manger son goûter

Rasure= galette salée faite de résidus de graisse de porc

Crotchon= entame du pain

Tablard= un rayon, une étagère

Cramine= grand froid

Canarder, cupéser=  tomber de côté, tête en avant

Blétse= morceau pour rapiécer

Étruler= perdre ses moyens

Staufifre= suisse allemand

Welches= suisse romand

* Isabelle et Raymond Minger habitent à Saxon dans le Valais.  Isabelle Minger est une jeune retraitée, infirmière elle a travaillé à accompagner des personnes âgées et des familles dans une maison de retraite de la région de Genève.  Raymond Minger, retraité, il a travaillé près de 40 ans dans le réseau de la santé en Suisse.  Il a été plus de 20 ans, directeur général, de la plus grande maison de retraite (centre d’accueil) pour personnes âgées en Suisse, centre qui se trouve à Genève.

Source :  « Un p’tit mot » -  Bulletin d’information de l’Association Québec-France de la Haute-Yamaska – Mars 2005 – Vol. 1 no 5

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