Trois phares québécois

Recherche par Bernard Fournelle

Chaque société s’appuie sur des penseurs, des philosophes, certains diront des sages qui orientent le devenir de cette même société.  Le Québec ne fait pas exception à la règle.  Le Québec contemporain, depuis la Révolution Tranquille, peut compter sur trois personnalités qui au gré des années documentent notre devenir.  Il serait possible d’allonger cette brochette, mais je m’en limite à trois.  Trois individus qui originent de formations et d’horizons différents.  Trois individus qui ont marqué et qui marquent encore le développement du Québec.  Trois individus, personnellement, qui ont marqué mon propre développement.  Je vous les présente sommairement dans un ordre alphabétique, en introduisant des liens qui vous permettront de mieux vous documenter: Jacques Dufresne – Jacques Grand’Maison – Guy Rocher.

Jacques Dufresne – “On confond trop souvent vivre et faire des expériences“.

Jacques Dufresne est né le 11 août 1941 à Sainte-Élisabeth de Joliette (Québec). Il obtient un baccalauréat de l’Université de Montréal en 1960 et une licence ès lettres de l’Université Laval (Québec) en 1963.  Après des études de langue à l’Université d’Heidelberg (Allemagne), il obtient, en 1965,  un doctorat en philosophie à Dijon (France), son sujet de thèse : portait de Simone Weil. Il a été professeur puis administrateur au CÉGEP Ahuntsic où il a fondé et dirigé la revue Critère pendant dix ans. En1984, il a fondé L’Agora, Recherches et Communications inc. en collaboration avec Hélène Laberge. L’Agora a d’abord été connue par les nombreux colloques qu’elle a organisé sur les médecines douces, l’éducation, la judiciarisation, la mort, etc., pendant une dizaine d’années.

Magazine L’Agora

En septembre 1993, les Dufresne lancent avec des fonds exclusivement privés une revue d’idées et de débats: L’Agora. Elle sera publiée à raison de 10 numéros par année jusqu’en juin 1996. Elle a changé de formule depuis, passant de 10 à 4 numéros par année. Ces numéros sont désormais thématiques comme le montrent les titres suivants: Inforoute ou infausseroute (juin 1996) L’école inspirée (septembre 1996) Les racines de l’amour (janvier 1997) Vivre (sur le virage ambulatoire) (avril-mai 1997); Le Québec gourmand (été 1997); La musique bien tempérée (novembre-décembre 1997); Philia (sur les communautés) (février-mars 1998); Dieu (mai-juin 1998); 5 ans d’Internet (juillet-août 1998), L’argent durable (octobre-novembre 1998), L’Eau, le sang de la terre (mars-avril 1999).

L’Agora a publié des dossiers importants sous forme de cahiers accompagnant la revue; les thèmes traités touchent le domaine politique, Le Rapport du groupe Réflexion Québec; la santé, La Réforme du système de soins québécois; l’administration, Le Pouvoir local, Métiers et management, etc.

Livres, articles et conférences

Jacques Dufresne prononce des conférences un peu partout au Québec, aux États-Unis et en Europe. Il a collaboré à des revues et journaux, dont Le Devoir et La Presse pendant 15 ans. Il a écrit plusieurs ouvrages: Le 100,000ième exemplaire, Essai sur la magie du nombre et, à l’occasion de ses recherches à l’IQRC, L’anthropologie médicale (en collaboration avec Fernand Dumont et Yves Martin); La reproduction humaine industrialisée; Le procès du droit. Le courage et la lucidité (sur la question constitutionnelle québécoise); La démocratie dans le monde, (à l’occasion du Bicentenaire des institutions parlementaires). Et, à l’issue d’un colloque sur la mort en 1990, Le chant du cygne, en collaboration. Il a publié en 1994 un petit livre destiné aux professeurs aussi bien qu’aux étudiants: La démocratie athénienne, miroir de la nôtre. En 1999, aux Éditions MultiMondes, il publie : Après l’homme… Le Cyborg ?  Il faut ajouter à tous ces livres de très nombreuses communications que nous retrouvons sur le site de L’Agora.

L’Agora, sous la direction de Jacques Dufresne, travaille maintenant à  l’encyclopédie sur Internet.  Site de L’Agora: http://agora.qc.ca/   Courriel: dufresne@agora.qc.ca

L’Agora, C.P. 96, Ayer’s Cliff (Québec) J0B 1C0 – Téléphone: 819.842.4701, Télécopieur: 819.842.4703

http://www.radio-canada.ca/branche/v2/signets/sig26.html

Jacques Grand’Maison – Il y a une étroite relation entre une conscience molle, une pensée molle et une langue molle“.

Jacques Grand’Maison est né le 18 décembre 1931 à Saint-Jérôme (Québec).  Sociologue, théologien, prêtre et écrivain. Il est diplômé en sociologie de l’Université grégorienne (1962) et docteur en théologie de l’Université de Montréal (1964). Professeur à l’Université de Montréal (1969), il devient directeur, en 1975, des collections «Hauteur d’homme» et «Quel ?» aux Éditions Leméac. Il collabore aux quotidiens La Presse et Le Devoir et est associé à plusieurs initiatives de sociologie appliquée en développement régional, en réformes urbaines, agraires et industrielles, particulièrement en France, en Angleterre et en Italie. Il dirige pendant plusieurs années une vaste recherche dans six régions du Québec sur les orientations sociales, culturelles et spirituelles de la population de divers milieux et groupes d’âge. Pasteur en paroisse depuis 1973, il est aussi conseiller théologique auprès des évêques. Titulaire de nombreux prix pour l’ensemble de son œuvre, il est membre de l’Association des sociologues canadiens, de la Société canadienne de sociologie et de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois

Il a reçu le Prix Esdras-Minville en 1982.  Il est fait Officier de l’Ordre national du Québec en 1996.  Il reçoit le Grand Prix de la Culture des Laurentides en 1997.  L’Université de Sherbrooke lui a décerné un Doctorat honoris causa en 1987.

Il a écrit de nombreux livres : Le Sacré dans la consécration du monde, 1965 – Crise de prophétisme, 1965 – La Paroisse en concile, 1966 – L’Église en dehors de l’église, 1966 – Le monde et le sacré, 1966 – Vers un nouveau pouvoir, 1969 – Nationalisme et religion, 1969 – Stratégies sociales et nouvelles idéologies, 1970 – Nouveaux modèles sociaux et développement, 1972 – La seconde évangélisation, 1973 – Le privé et le public, 1974 – Symboliques d’hier et d’aujourd’hui, 1974 – Des milieux de travail à réinventer, 1975 – Une tentative d’autogestion, 1975 – Pour une pédagogie sociale d’autodéveloppement en éducation, 1976 – Au mitan de la vie, 1976 – Une société en quête d’éthique, 1977 – Une philosophie de la vie, 1977 – L’école enfirouapée, 1978 – Quel homme ?, 1978 – Quelle société ?, 1978 – Éthique et théologie morale au Québec, 1978 – La nouvelle classe et l’avenir du Québec, 1979 – Une foi ensouchée dans ce pays, 1979 – Au seuil critique d’un nouvel âge, 1979 – Un nouveau contrat social, 1980 – De quel droit ?, 1980 – Jacques Grand’Maison : le roc et la source, 1980 – La Révolution affective et l’homme d’ici, 1982 – Tel un coup d’archet, 1983 -  Les Tiers, 1986 – Le drame spirituel des adolescents: Profils sociaux et religieux, 1992 – Vers un nouveaux conflit de générations. Profils sociaux et religieux des 20-35 ans, 1993 – Vive la famille!, 1993 – Une génération bouc émissaire. Enquête sur les baby-boomers, 1994 – Le défi des générations. Enjeux sociaux et religieux du Québec d’aujourd’hui, 1995 – La part des aînés, 1995 – Au nom de la conscience, 1998 – Quand le jugement fout le camp, 1999 – Les relations intergénérationnelles au Canada : perspectives multiculturelles et multireligieuses, 2000 – Réenchanter la vie, 2002 – Pourquoi sombrons-nous si souvent dans la démesure ?, 2002 – Questions interdites sur le Québec contemporain, 2003 – Du jardin secret aux appels de la vie, 2004 – Pour un nouvel humanisme, 2007

Il faut ajouter à toutes ces publications, les articles dans les journaux et revues ainsi que les conférences prononcées.  Il est un pionnier de la sociologie au Québec.

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009384

http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/grand-maison-jacques-238/

Guy Rocher

Guy Rocher est né à Berthierville (Québec) le 20 avril 1924.  Il est diplômé en sociologie de l’Université Laval (1950) et de l’Université Harvard où il soutient, en 1958, une thèse sur les rapports entre l’Église et l’État en Nouvelle-France. Jeune professeur à l’Université Laval, il se voit confier la direction de l’École de service social et de la revue Service social (1958-1960).

En 1960, il enseigne à l’Université de Montréal, devient vice-doyen de la Faculté des sciences sociales de 1962 à 1967 et dirige le Département de sociologie de cet établissement jusqu’en 1965. En 1968-1969, il séjourne comme associé de recherche à l’Université de Californie à Berkeley. À partir de 1979, Guy Rocher s’affilie au Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l’Université de Montréal afin d’y poursuivre des travaux sur les différents aspects du droit en tant que composante sociale.

Parmi les seize ouvrages que Guy Rocher a écrits, Introduction à la sociologie générale est sans conteste un des livres québécois de sociologie les plus marquants du XXe siècle. Publié en trois volumes à Montréal (1968-1969), il est traduit en six langues et remporte deux fois le prix du meilleur livre, en version anglophone et francophone, de la Fédération canadienne des sciences sociales. Guy Rocher fait paraître aussi, en France, Talcott Parsons et la sociologie américaine (1972), traduit en italien, en anglais, puis en portugais, en néerlandais et en japonais. Son oeuvre compte en outre Le Québec en mutation (1973) et une autobiographie sous forme d’entretiens avec Georges Khal : Entre les rêves et l’histoire en mutation (1989).

Guy Rocher signe également plus de 200 articles, ouvrages collectifs, études et documents de travail, dont École et société au Québec, avec Pierre W. Bélanger (1971), Écoles de demain (1976), Continuité et rupture. Les sciences sociales au Québec (1984), Le Québec en jeu. Comprendre les grands défis (1992), Entre droit et technique : enjeux normatifs et sociaux (1994), Études de sociologie du droit et de l’éthique (1996) et Si je me souviens bien/As I recall (1999). Outre ses écrits, il multiplie les entrevues à la radio et à la télévision, et il prononce de nombreuses conférences à l’étranger.

Par son engagement social, Guy Rocher contribue à l’édification d’un système d’éducation moderne et ouvert au monde. Il est membre de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement pour la province de Québec (commission Parent) de 1961 à 1966, président du Comité d’étude pour la création de l’Université du Québec à Montréal (1965-1966) et membre du groupe de travail MacDonald sur la recherche universitaire au Canada (1967-1974).

Au cours de sa carrière, Guy Rocher dirige plusieurs comités d’étude ou de rédaction, organismes universitaires et associations professionnelles. Il participe, en Belgique, à la création de l’Association internationale des sociologues de langue française. À titre de secrétaire général associé au Conseil exécutif du gouvernement québécois, il est deux fois sous-ministre, d’abord au développement culturel (1977-1979), puis au développement social (1981-1983). Son intérêt pour la culture québécoise se manifeste encore à titre de directeur de collection dans une importante maison d’édition et comme administrateur d’une troupe de théâtre.

Chevalier de l’Ordre national du Québec (1991) et compagnon de l’Ordre du Canada (1971), Guy Rocher est membre honoraire de l’American Academy of Arts and Sciences. De nombreuses récompenses lui ont été décernées, dont le prix Marcel-Vincent, de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, le prix de la Société canadienne de sociologie et d’anthropologie ainsi que la médaille Pierre-Chauveau (Société royale du Canada). Il s’est vu décerner un Doctorat honorifique en droit de l’Université Laval de Québec en 1996 et un Doctorat honorifique en sociologie de l’Université de Moncton en 1997. L’Université du Québec à Montréal  lui décerne un doctorat  honoris causa en 2002.

En dépit de ses multiples activités, Guy Rocher continue d’enseigner et dirige encore de nombreux mémoires de maîtrise et thèses de doctorat. Quant à sa conception du rôle de l’État en ce début du XXIe siècle, le professeur, partisan de la social-démocratie, se porte aujourd’hui à la défense d’un État providence revigoré: “La liberté du citoyen n’existe que dans la mesure où il y a un État de droit. L’État a besoin de se faire critiquer, mais je m’oppose à ce qu’on le liquide“.

Sans contredit, Guy Rocher est le “doyen“ actuel de la sociologie au Québec

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Rocher

http://www.cerium.ca/_Rocher-Guy_

http://www.vigile.net/Guy-Rocher-un-sociologue-present

http://sociologies.revues.org/index2313.html

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