La mondialisation…

Par Bernard Fournelle – Le 29 septembre 2005

Dans les dernières semaines, nous avons abordé les thèmes du néo-libéralisme qui est la forme la plus sournoise et vicieuse du capitalisme sauvage des temps modernes.  Nous avons parlé de mondialisation et d’alter-mondialisation.  Mais revenons à la mondialisation.

La mondialisation est avant tout comme un système de domination du Nord sur le Sud, du capitalisme anglo-saxon sur les autres formes de capitalisme, des possédants sur les démunis. La mondialisation n’est pas tombée du ciel; elle n’est en rien une étape nécessaire dans une évolution naturelle du système économique ou des technologies: elle est bel et bien la conséquence directe de multiples choix et décisions, en premier lieu politiques. Elle est même un choix stratégique, effectué progressivement qui vise à re-discipliner le salariat des pays occidentaux par le chômage, et les peuples des pays pauvres par la dette.

Pour les apôtres de la mondialisation à la sauce américaine ou anglo-saxonne, ceux qui s’opposent à cette nouvelle réalité qu’est la mondialisation  ne sont que des anarchistes ou plus poliment des utopistes ou simplement des rêveurs.

Lutter contre l’univers d’injustice et d’oppression qui s’appelle la mondialisation doit commencer par le rejet de ces nouvelles vérités révélées,  il faut revitaliser  l’esprit critique. Refuser le monde tel qu’il est demande avant toute chose de comprendre à quel point le concept de mondialisation n’a rien de fatal, qu’elle est le fruit de choix et d’intérêts humains où la très grande majorité des individus n’a pas été informée et encore moins consultée.  Pour plusieurs commentateurs, la mondialisation a donné naissance à la pensée unique.  Il n’y a point de salut en dehors de ce corridor étroit de cette pensée.

Ce sont ses propres apôtres qui l’ont baptisé mondialisation ou globalisation et l’ont imposé,  en jouant sur la vieille aspiration humaine à la citoyenneté mondiale. Ce sont les médias bien-pensants qui ont matraqué l’idée qu’elle était inévitable. Ce sont les pseudo-philosophes de la modernité qui en ont légitimé le caractère prétendument positif.

La mondialisation est présentée comme la conséquence naturelle de l’évolution technologique et comme le point final de l’évolution du monde: si l’on veut c’est une espèce de paradis terrestre avant l’heure. C’est oublier que, au cours de l’histoire humaine, d’autres révolutions technologiques, d’autres découvertes des bornes de notre espace n’ont pas conduit à une vision étroite et définitive de l’avenir. Bien au contraire, l’extraordinaire événement qu’on a appelé la Renaissance a conjugué une révolution scientifique considérable, un courant d’échanges internationaux impressionnant et l’émergence d’une philosophie de la raison, de l’esprit critique et de la liberté individuelle.

Aujourd’hui, tout se conjugue pour laisser le champ libre aux forces dominantes, notamment de l’argent et du marché; la mondialisation néolibérale qui prétend être l’expression d’un nouvel intérêt général de l’humanité n’est en fait que le résultat des rapports de forces les plus brutaux.  La mondialisation détruit les États. Vouloir un autre monde, un autre rapport de forces sociales est donc un combat nécessaire.

L’État est avant tout un instrument d’organisation des solidarités, de redistribution des richesses, de régulation. Il doit surtout se construire comme l’expression de la souveraineté populaire, de la démocratie, qui reconnaît le citoyen comme élément de base du corps politique.  C’est à partir de ces éléments que se construira le progrès social.

Mais de puissantes organisations mondiales contrôlent le développement et la main-mise de la pensée néo-libérale sur notre planète.  Nous en entendons parler régulièrement, mais pour la plupart d’entre nous, elles nous semblent très loin de nos préoccupations quotidiennes… malheureusement, elles forgent d’une façon subliminale notre quotidien.  Présentons-les rapidement:

1) L’Accord multilatéral sur l’investissement… AMI

2) La Banque mondiale

3) L’Organisation mondiale du commerce… OMC

4) Le Fond monétaire international… FMI

Nous disons souvent que c’est par l’information que naîtra notre esprit critique, alors faisons individuellement un effort dans ce sens.  C’est le souhait que je nous fais.

Leave a Comment

Filed under Uncategorized

Comments are closed.