Créer la richesse, qu’ils nous disent

Par Bernard Fournelle – Le 30 avril 2010

C’est la marotte que les adeptes d’un néo-capitalisme répètent au bon peuple que nous sommes depuis trop longtemps, et le même bon peuple hoche du bonnet en gobant innocemment leurs paroles. Être plus productif, être plus efficace, créer la richesse, c’est le credo, à la mode du jour, de la plupart de soi-disant experts pour nous sortir de la crise. Il faut se rappeler que ce sont ces mêmes experts qui nous ont précipité dans cette crise.  Ce sont ces mêmes  experts qui nous vantaient et vendaient tous les produits qui ont tourné à la catastrophe depuis deux ans.  Toutes ces bulles ont “pété“ l’une après l’autre.  Beaucoup de spéculateurs se sont enrichis aux dépens du bon peuple que nous sommes : ils ont joué au casino avec notre argent.

Créer la richesse pour la redistribuer au bon peuple que nous sommes qu’ils nous disent :  le jour où  le Canadien de Montréal aura gagné trois “Coupe Stanley“.  D’ici-là, les banques font des milliards de profits, les pétrolières font des milliards de profits, les grands chaînes font des milliards de profits, les entreprises de télécommunications font des milliards de profits et les entreprises qui ont perdu des milliards vont quêter l’aide des états.  C’est ce que l’on pourrait décrire comme privatiser les profits et socialiser les pertes. Certaines institutions financières planifient même leurs recherches de profits en  poussant directement des États  dans le gouffre : que l’on pense à l’Islande, hier; à la Grèce et au Portugal, aujourd’hui; à l’Espagne, à l’Irlande, demain; sans oublier tous les pays qui sont déjà dans le gouffre et qui creusent encore plus profondément leur gouffre.

Au fil des années, les politiques économiques et fiscales de la majorité des pays, s’inspirant du modèle capitaliste et de sa variante néo-capitaliste, ont tout simplement réussi à enrichir les plus riches, à appauvrir les plus pauvres et à berner ceux qui se retrouvent entre les deux chaises.

Soyez plus productif, soyez plus efficace, travailler plus pour gagner plus disait même un président d’une république, créer la richesse nous ont-il dit et la société en profitera : nous les avons  crus et nous les croyons.  En bout de ligne, les riches sont plus riches, les pauvres sont plus pauvres et l’entre-deux  se désespère.  Certains “lucides“ tentent de nous refaire le coup en nous conviant, de nouveau, à être plus productif, plus efficace, à travailler plus pour gagner moins, à créer la richesse pour sauver nos retraites, notre système de santé, notre système d’éducation et l’ensemble de notre filet social.

Mais durant  le même temps, les banques, les pétrolières, les grandes chaînes, les télécoms et tous les autres continuent à empiler les milliards de profits à distribuer à une poignée d’actionnaires.  Durant ce temps, les Goldman Sachs, les Standard & Poor’s de ce monde jouent dans les poches des États et du bon peuple que nous sommes.  Durant ce temps, les entreprises licencient, diminuent les salaires, délocalisent dans des pays pauvres pour verser encore plus de dividendes à  une poignée d’actionnaires, pour créer la richesse pour les plus riches qui eux, ne créent plus aucune richesse, ils jouent au casino avec notre argent.

Depuis l’apparition de la Révolution industrielle, vers 1850, c’est toujours le bon peuple qui s’est fait arnaquer; déjà plus ou moins 160 ans que le bon peuple enrichit les plus riches et ils souhaitent que nous continuions à les enrichir.

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