Cette droite qui n’aime pas le Québec *

Par Bernard Drainville ** - Le 23 novembre 2010

J’aime beaucoup les débats politiques. J’aimais les animer alors que j’étais journaliste, j’aime aujourd’hui y participer en tant que député et militant. J’ai beaucoup de respect pour tous ceux qui osent exprimer leurs opinions, avec les risques que cela implique parfois. Par conséquent, je parle politique avec tout le monde : les souverainistes (évidemment !), les fédéralistes, la droite, la gauche… Tout le monde !

Sur les réseaux sociaux, toutes ces tendances sont bien représentées. Je me fais parfois interpeller, particulièrement sur Twitter, par des gens issus de l’une ou l’autre de ces tendances. Par contre, récemment, je me suis aperçu qu’une certaine droite était particulièrement virulente à mon égard. Je dis bien « une certaine droite », car je ne voudrais pas mettre tous ceux qui penchent à droite dans le même panier.

Cette droite, c’est une droite qui n’aime pas le Québec. C’est une droite qui applaudit quand Danny Williams, le Premier Ministre terre-neuvien, tente de venir nous voler notre pétrole à Old Harry. C’est une droite qui applaudit aussi quand ce même Danny Williams réclame des fonds fédéraux pour financer une concurrence déloyale à l’énergie québécoise. C’est d’ailleurs assez particulier : ces gens s’opposent à toutes dépenses gouvernementales, ces gens crachent sur le Québec parce qu’il reçoit de l’argent de la péréquation, mais ils sont tout contents de voir le chef du gouvernement d’une province canadienne tendre la main pour arracher de l’argent à Ottawa. Or, l’argent d’Ottawa, c’est aussi NOTRE argent.

Soyons clairs : le gouvernement du Québec n’a jamais reçu un sou du fédéral pour développer son électricité. Ce qui est bon pour pitou doit être bon pour minou. Le fédéral n’a pas à financer une concurrence déloyale à l’énergie québécoise à même les impôts des Québécois. Parce que oui, péréquation ou pas, l’argent que dépense le fédéral, il provient à hauteur de 25% d’impôts et de taxes payés par les Québécois. Bref, Un Québécois qui est d’accord avec le financement fédéral du câblage sous-marin entre le Labrador et Terre-Neuve – ou entre Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse –, c’est un Québécois qui n’a plus de fierté.

Mais revenons sur la péréquation. Cette droite qui n’aime pas le Québec aime bien dire que nous vivons au crochet du Canada. Mais, alors qu’avec le gisement de Old Harry, nous avons une occasion unique de créer de la richesse, de résorber notre déficit, de commencer à rembourser notre dette et de devenir suffisamment riches pour ne plus dépendre de la péréquation, cette droite demeure étrangement silencieuse. Le fédéral nous met carrément des bâtons dans les roues pour nous empêcher de développer, dans le respect de nos valeurs et de la sécurité environnementale et humaine, le gisement de Old Harry. Or, ces gens là applaudissent encore une fois Harper et Williams !

Franchement, c’est à n’y rien comprendre. Vous voulez qu’on s’enrichisse et qu’on se libère une fois pour toutes de la péréquation ? Et bien, c’est simple : qu’on cesse de se faire manger la laine sur le dos par le fédéral et Terre-Neuve et qu’on développe nos ressources nous-mêmes. Il n’y a pas d’autre solution.

Je termine en rappelant que je suis ouvert au dialogue avec toutes les tendances politiques. J’ai du respect pour la gauche comme pour la droite. Mais je me dois de répondre à cette droite sans fierté qui n’aime pas le Québec et qui déclame son discours. Oui nous avons des problèmes au Québec et on doit s’y attaquer. Mais je demeure extrêmement fier de ma nation et de tout ce que nous avons accompli. Peu importe ce que les mauvaises langues qui font dans l’auto-détestation diront, j’aime le Québec et je prendrai toujours le parti de ses intérêts.

* Source

http://bernarddrainville.org/drainville/2010/11/23/cette-droite-qui-naime-pas-le-quebec/

** Biographie de Bernard Drainville

http://bernarddrainville.org/

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