Les deux faces de notre démocratie *

Par  JPD – Le 17 avril 2011

Il y a trois semaines, des Français se rendaient dans un isoloir, choisissaient un bulletin de vote, le plaçaient dans une enveloppe et déposaient le tout dans une urne. Pendant ce temps, leur aviation bombardait des cibles en Libye faisant 48 morts et 150 blessés (AFP).

Ce raccourci symbolise, à lui tout seul, l’hypocrisie de notre vie politique : celle d’une Nation qui s’offre à intervalles réguliers le spectacle d’affrontements électoraux qui ne changent rien à rien à la domination de la bourgeoisie, tandis que son Etat – quel que soit le gouvernement en poste – assure la permanence d’une politique impérialiste dans le monde.

Au XIXème et XXème siècles, notre pays s’est livré à des horreurs, qui n’ont rien à envier à celles des nazis, pour se constituer et maintenir par la force son empire colonial. Aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, encore, nous nous sommes opposés avec brutalité aux peuples qui aspiraient à leur indépendance : Madagascar, Indochine, Algérie, Cameroun,… La liste des pays martyrisés est longue et le nombre des victimes se compte par centaines de milliers.

Aujourd’hui, l’impérialisme français a un peu perdu de sa superbe face à son allié et concurrent d’Outre-Atlantique, mais il s’accroche avec l’énergie du désespoir : ce sont ses expéditions punitives en Afrique pour, coûte que coûte, maintenir au pouvoir les dirigeants qu’il a mis en place ; c’est aussi sa participation aux aventures militaires des Etats-Unis en Yougoslavie et en Afghanistan. Solidarité inter-impérialiste oblige.

Les bombardements sur la Libye et l’intervention militaire en Côte d’Ivoire représentent sa dernière tentative de renouer avec la politique d’un autre âge où il suffisait d’envoyer une canonnière au large d’un territoire pour s’assurer de sa possession. [1]

Que l’État français agisse ainsi c’est son naturel, c’est inscrit dans la logique des forces économiques et politiques qui le dominent. Que les Français, dans leur masse, se laissent abuser par la propagande qui précède et entourent ces guerres de rapine est moins compréhensible.

[1] Il est à craindre (ou à espérer) d’ailleurs que d’une manière ou d’une autre notre pays ait à regretter ces deux dernières aventures. Ce serait, tout compte fait, un juste retour des choses tant notre comportement a été indigne.

Sources

* http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2011/03/20/les-deux-faces-de-notre-democratie.html

* http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

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