Ils sont fous ces Français *

Une foire d’empoigne à la française
Il n’y a que « nos cousins de la doulce France » pour scénariser une tragi-comédie mettant en vedette leur équipe de « foot » comme ils disent. Nous avons droit en direct de l’Afrique du Sud a un spectacle unique en son genre.

Tous les médias de la planète s’amusent à rapporter les bavures, les écarts de conduite, les incartades de ces « prima dona » du sport. Le simple lecteur ou spectateur rigole devant tant d’inepties.

Nous retiendrons, pour synthétiser cette dérive, un article du journal La Stampa qui résume très bien ce naufrage de ce que fut naguère une grande équipe. Souvenons-nous de 1998. :Bernard Fournelle – Le 23 juin 2010)

Ils sont fous ces Français !  *

par Roberto Beccantini – Le 21 juin 2010

Des amabilités verbales d’Anelka aux accusations de traîtrise du capitaine, l’équipe de France livre aux yeux du monde entier une farce grotesque et irrésistiblement cocasse, s’amuse La Stampa.

L’équipe de France s’est transformée en véritable asile de fous. Le 20 juin 2010 restera dans l’histoire du foot français, et même du pays. On a rarement assisté à des scènes si embarassantes, ni entendu des paroles si fortes. Et cette grève, et puis tout le reste ! La pièce se joue à Knysna et ses environs, avec Domenech et compagnie comme acteurs. Mais cette fois au moins Raymond s’est contenté d’un rôle de figurant, laissant ses supérieurs et ses joueurs sous les projecteurs. Tout commence avec les violentes insultes proférées par Nicolas Anelka à l’encontre de son sélectionneur pendant la mi-temps de France-Mexique, à Polokwane, en réaction à son remplacement ou à un recadrage. Le problème c’est qu’un journaliste de l’Equipe l’apprend, et les bombarde en Une du journal. Juste ciel ! Impossible de démentir, mais aussi de plus mal gérer une situation si brûlante.

La Fédération exige des excuses d’Anelka, qui se garde bien de les présenter. Il est alors exclu. Domenech a semble-t-il voulu banaliser l’affrontement, pour essayer de désamorcer la bombe. Mais personne n’aurait pu imaginer la suite. « Le problème ce n’est pas Anelka, c’est le traître qui est parmi nous, il faut le dire » : paroles du capitaine, Patrice Evra. Et en avant toute ! Pendant que le sélectionneur évoque encore les chances de qualification, Frank Ribéry, jusqu’ici un des plus silencieux et ombrageux, intervient sur les plateaux télé. « Je demande pardon à tous les Français. Bien sûr que le groupe a explosé. Je lis que j’ai un problème avec Yoann Gourcuff, c’est faux, on a besoin de lui. Je le dis honnêtement, je suis en train de souffrir ». Puis il s’en va, au bord des larmes. Pour mémoire Gourcuff et Ribéry en seraient venus aux mains dans l’avion qui les ramenait de Polokwane. Fermez la parenthèse.

Avec tout ça il y aurait matière à trois nouvelles une de journaux, sinon plus, mais le comble n’est pas encore atteint. L’entraînement est ouvert aux journalistes et au public, pour la seconde fois (hourra !). Attention pourtant au dernier coup de théâtre : voilà qu’au centre du terrain le ton monte entre Evra et Robert Duverne, le préparateur physique, qui s’envoient réciproquement sur les roses. Duverne en jette son chronomètre de rage. Jean-Louis Valentin, directeur général de l’Equipe de France, assiste à la scène : « Ils ne veulent pas s’entraîner, c’est inacceptable ». Et démissionne. À Domenech de lire l’élégant communiqué rédigé par les joueurs : « La Fédération n’a a aucun moment tenté de protéger le groupe. Si nous regrettons l’incident (littéralement : fils de p… et autres amabilités), nous regrettons plus encore l’utilisation d’un événement qui n’appartient qu’à notre groupe. »

Les joueurs auraient ensuite empêché le sélectionneur de monter dans le bus. Il se murmure au contraire qu’Evra aurait reconnu en Duverne la « gorge profonde », d’où les insultes et les menaces. Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération, ne sait plus à quel saint se vouer, à supposer qu’il en existe un susceptible de l’entendre. « Inouï. Honteux. Scandaleux. Une chose pareille n’était jamais arrivée dans l’histoire du football français, et c’est tombé sur moi ». Un mouvement inacceptable, naturellement, et un comportement inadmissible. Ce sont en gros les mots du président absolu, Nicolas Sarkozy, pour qualifier la rébellion d’Anelka. A la veille de France-Uruguay, Sarkozy avait lancé un virulent « Allez les Bleus » via Facebook. De toute évidence le destin est farceur. Il est rare qu’un journaliste revienne du front épuisé par les nouvelles. C’est ce qui est arrivé hier aux reporters français. Blitz de Ribéry, grève de l’équipe nationale, chasse à la taupe, quasi bagarre, démission : à côté les révoltés du Bounty sont des enfants de chœur. Et Domenech réduit à un rôle de simple speakerine : « Au revoir et merci beaucoup ». À ne manquer sous aucun prétexte !

* Sources

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/21/ils-sont-fous-ces-francais


http://www.courrierinternational.com/notule-source/la-stampa

Leave a Comment

Filed under Uncategorized

Comments are closed.