Les années 1950-1960 *

Un Français débarque dans un garage du Québec,  à la suite d’une panne de moteur.  Voici l’explication du mécanicien.:

« T’es pogné icitte pour une bonne escousse, mon gars.

Mon chum pi moé, on a ouvert le hood pis on a tout tchéqué !

Le trouble y vient d’la fan qu’est trop slack.

a force de zigonner su’l'starter, t’as mis ta batterie à terr.

C’est l’bout d’la marde.. M’a t’dire franchement,

on va t’être forcés de changer l’shaft à c’t'heure.

Pas qu’y est pété, lui itou. A part de t’ça, j’sais pas si t’as vu,

mais y a pas une ostie d’goutte d’anti-freeze dans le maudit bazou.

L’pas bon qui t’a loué c’te char-là, y t’a fourré dretlà !

Avec le frette qu’on a, c’est pas ben wise de runner avec un char de même.

J’dis pas, si c’était un char neu, mais on n’est pas à Côte d’Azur icitte.

C’est vrai en crisse. Ça gèle en tabaslak dans l’boutte iccitte ou

c’qu’on reste nous autres. En té cas, pour être bad-lucké,

on peut dire que t’es bad-lucké en sacrement, mon homme !

Si c’était rien que de moé, tandis que t’es icitte,

j’f'rais faire un check-up complet, pis j’changerais les spar-plugs en siouplait.

C’est pas d’mes mozusses d’affaires, mais c’t'une vraie minoune

que l’rent-a-car y t’a louée là. Y est toute fucké, c’char-là.

Ç’a pas d’allure, Y ont même pas mis des tayeurs à neige.

Ça doit skider en tabarnak su l’autoroute. Des plans pour se r’trouver dans l’fossa.

Surtout qu’à c’t'heure, y z’épandent pu pantoute du stuff su l’asphalte durant la s’maine.

Y z’en garochent rien qu’en fin de semaine.

Si c’t’ avec ça qui z’espèrent attirer l’tourisme, y s’ content des pipes les sacramants.

En té cas, à ta place, j’y rapporterais le bazou vite faite,

pis j’y ferais manger ses bas à c’t'ostie de bouffon qui t’a fourré d’même.

Pensez-vous que le Français a compris ?

* Source

Extrait de Ce n’est pas un roman, c’est ma vie (2010) par Alain Stanke

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